La justice de Dieu (2)

Octobre 1982 – Volume 1.10

La justice dans notre jardin (2)

Nous savons bien que dans le jardin en arrière de la maison nous ne pouvons pas récolter autre chose que ce que nous avons semé. Nous préparons la terre soigneusement et nous choisissons les meilleures semences. Et nous avons raison!

Mais comment se fait-il qu’une fois revenus en avant de notre maison, nous ayons tout oublié des lois de la semence et de la récolte? Nous pouvons semer dans notre âme le bon et le mauvais, inconscients que la récolte viendra bonne ou mauvaise selon ce que nous aurons semé. Nous oublions que nos désirs, nos pensées, nos jugements, nos actes sont des semences déposées dans nos âmes; nous oublions que la récolte viendra sûrement et qu’elle sera bien décevante si nous avons semé le mal en abondance. Que présentera-t-on au jour du jugement? À ce moment-là, il n’y aura pas d’excuse ni de discours; « La liste de ta récolte s.v.p. »

Saint Paul savait bien cela, lui qui disait : « Tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaine, faites-en l’objet de vos pensées ». (Ph 4:8) Tel un homme pense, tel il est dans son cœur.

Décidons nous-mêmes ce que nous voulons semer et récolter dans notre jardin. Si nous voulons recueillir dans notre âme des médisances, des calomnies et des mensonges, libre à nous, mais ces semences germeront et finiront par sortir. L’Écriture dit : « Ce qui leur entre par les oreilles leur sort par la bouche. Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme, mais ce qui en sort ». (Mt 15:11)

La justice de Dieu et notre destin

Beaucoup se demandent si nous avons une destinée. Bien sûr! Une destinée fixée d’avance? Bien sûr! Tout dépend de ce que l’on a semé. Bien sûr que nous avons une destinée, mais celle que nous aurons faite nous-mêmes. Chacun est l’artisan de sa vie et de son destin. Dieu fait seulement nous dire quoi faire. Il nous indique les bonnes semences et les mauvaises. Il ne choisit même pas pour nous. Dieu ne nous force jamais à faire le bien, il y a seulement les hommes qui imposent leur volonté aux autres. Le Concile a bien marqué cette liberté que Dieu nous a laissée en faisant sa si belle déclaration sur la liberté de conscience. Aux Apôtres, les chefs de l’Église naissante, Jésus dit : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec l’élan du cœur; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau ». (1 P 5:2,3) Être les modèles du troupeau, veut dire commencer par faire ce qu’on enseigne. Des Pharisiens, Jésus disait : « Ne vous réglez pas sur leurs actes, ils disent, mais ne font pas ». (Mt 23:3)

Nous pouvons savoir d’avance comment Dieu nous traitera au jour du jugement : « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». (Mt 7:2) Notre jugement nous l’écrivons tous les jours nous-mêmes avec nos désirs, nos pensées, nos jugements, nos paroles et nos actions. Toutes ces choses sont des semences qui poussent dans l’âme et nous serons au jour du jugement devant la récolte que nous aurons préparée nous-mêmes. Notre jugement est entre nos mains, c’est à nous de l’écrire comme nous le voulons. Dieu ne fera que lire ce que nous avons écrit. Merveilleux! Bienheureux sommes nous si nous sommes miséricordieux pour les autres!

Alors prend toute sa valeur la Règle d’Or donnée par Jésus : « Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le également pour les autres ». (Mt 7:12) Notre sort est entre nos mains.

Justice de Dieu et justice humaine

La justice divine a une précision et une exactitude que ne connait pas la justice humaine. Nous, nous jugeons sur les apparences et avec les saletés que nous avons dans le cœur. Quand nous condamnons les autres, ce sont nos propres saletés et ordures que nous condamnons, mais que nous tirons à la figure des autres. Saint Paul le dit bien : « Aussi es-tu sans excuses, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu fais de même, toi qui juges ». (Ro 2:1) « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». (Mt 7:2) « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même ». (Tob 4:15)

Dieu ne fait pas d’erreur. Il est la justice parfaite. Pendant que nous jugeons sur les apparences, Dieu, lui, « sonde les reins et les cœurs ». Il voit les intentions réelles. Pour lui, l’intention bonne est un acte bon et l’intention mauvaise est un acte mauvais. Dieu sait que les pensées mauvaises sont des actes non manifestés. « Celui qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère en son cœur ». (Mt 5:28) Jésus l’a dit de façon claire : « Les mauvaises pensées viennent du cœur : les homicides, les adultères, etc. » Comme mauvaises pensées, Jésus donne des actes parce que c’est la même chose. De la même façon, celui qui veut faire le bien, mais rencontre un échec aura la même récompense que s’il avait réussi.

Nous, nous récompensons ou punissons seulement les actes extérieurs. Dieu récompense ou punit les bonnes ou mauvaises intentions. Personne ne peut échapper à son œil ou à sa justice. Si je m’enfuis… tu es là…

Pour celui qui refuse la lumière et qui ne veut pas se repentir, la justice de Dieu est inexorable : « Vous mourrez dans votre péché », disait Jésus aux prêtres Juifs. Quand la miséricorde de Dieu est refusée, la justice s’exerce inexorablement et « il est effroyable de tomber aux mains du Dieu vivant ». (He 10:31)

Merveille que cette justice de Dieu qui récompense nos bons désirs, nos bonnes pensées, nos bonnes intentions, nos plus petits efforts comme si tout cela était un succès. Dieu sait comme nous sommes faibles, changeants, inconstants et il nous aide comme les meilleures mamans aident les tout petits à marcher! Comme le disait le psalmiste : « Dieu sait de quoi nous sommes faits ».

Justice et perfection

La justice de Dieu est parfaite. Il veut que nous aussi nous arrivions à une justice parfaite. « Soyez parfaits comme le Père céleste est parfait », disait Jésus. Arriver à la perfection c’est un long, très long cheminement. Jésus a tracé le chemin avant nous. « Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même ». (Jn 13:15) Il a dit aussi : « C’est la volonté de mon Père que tous les hommes arrivent à la connaissance de la Vérité et qu’ils soient sauvés ». (1 Tim 2:4) Bien sûr, pauvres misérables que nous sommes, nous pouvons crier à l’impossible. « Mais, ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu ». (Mc 10:27) Saint Paul dit très justement : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ». (Ph 4:13) Pour cela, il faut de notre part : humilité, prière, méditation, esprit de décision, effort constant. Dieu, lui, a promis son Esprit pour nous guider : « Je vous enverrai mon Esprit, il vous rappellera tout ce que je vous ai dit et il vous conduira à la Vérité entière ». (Jn 14:26) (Jn 16:13)

Tout ce qui a été mal fait dans l’univers doit être refait et bien fait. Si nous demandons humblement la lumière, Dieu envoie son Esprit de Vérité; si nous demandons le courage, il envoie son Esprit de force pour nous soutenir; si nous tombons, Jésus Sauveur nous relève; si nous recommençons, il nous aide à mieux faire.

Et quand nous aurons refait et bien fait tout ce qui a été mal fait; quand nous aurons corrigé tous nos travers, alors nous pourrons nous élever et être UN avec Dieu dans notre demeure éternelle. Courage! La victoire est au bout. Tout le ciel combat à vos côtés.