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La justice de Dieu (1)

Septembre 1982 – Volume 1.9

 La justice de Dieu (1)

Celui qui ne veut pas accepter la miséricorde de Dieu doit un jour affronter la justice de Dieu et, Saint Paul nous dit : « C’est une chose effroyable que de tomber entre les mains du Dieu vivant ». (He 10 :31) Celui qui refuse la miséricorde doit subir les rigueurs de la justice divine.  Parce que Dieu est miséricorde infinie, il prend tous les moyens possibles pour nous ramener de nos mauvais chemins, pour nous détourner des œuvres mauvaises. Si la mauvaise volonté persiste vient la justice. Et la justice de Dieu ne manque jamais. Mais Dieu est infiniment patient. Au livre de la sagesse, nous lisons : Dieu punit les hommes progressivement pour leur donner la chance de se repentir « Car ton esprit incorruptible est en toutes choses! Aussi est-ce peu à peu que tu reprends ceux qui tombent; tu les avertis, leur rappelant en quoi ils pèchent, pour que, débarrassés du mal, ils croient en toi, Seigneur ». (Sg 12 :1,2)

Qu’est-ce que la justice?

La justice, c’est un équilibre entre une action ou une chose et sa valeur réelle; un équilibre entre une action bonne et sa récompense; entre une action mauvaise et sa punition. Voyons un peu ce qu’est la justice sur la terre. Si vous achetez 10 livres de sucre à 0.20 $, il vous faut recevoir 10 livres pour 2.00 $, c’est juste! Il y a équilibre parfait entre ce que vous avez déboursé et ce que vous avez reçu.

Vous faites venir un électricien qui travaille trois heures dans votre maison. Vous lui payez le prix de trois heures. Il y a justice parfaite.

Vous allez chez le mécanicien pour une réparation que vous payez 72.00 $. En partant, vous réalisez que le même trouble est là. Vous retournez au garage et vous faites reprendre le travail sans payer de nouveau. Et c’est juste. Cette fois vous avez reçu en valeur de travail l’égal de ce que vous aviez versé.

La justice humaine peut avoir des failles, mais la justice divine est parfaite; elle ne manque jamais parce qu’elle est éternelle. La justice des hommes est faillible, mais la justice de Dieu est parfaite, car « Dieu sonde les reins et les cœurs ». Il connaît les pensées et les intentions réelles et cachées. Dieu n’est pas un homme; en Lui il y a équilibre parfait entre la valeur des actes et leur récompense. Il ne juge pas sur les apparences.

La justice dans l’Ancien Testament

L’Ancien Testament est la période où la justice de Dieu est clairement manifestée. Cette justice prépare le chemin à l’amour. Saint Thomas dit : « Il est impossible d’arriver à l’amour sans la justice ». Saint Paul exprime clairement ce qu’est cette justice divine : « Chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur ». (1 Cor 3 :8)

Le prêtre a la grande responsabilité d’annoncer aux hommes la Parole de Dieu. S’il le fait bien il aura une récompense merveilleuse. Voyons ce que dit le prophète Daniel : « Ceux qui auront enseigné la Vérité à beaucoup brilleront dans le ciel comme les étoiles au firmament ». (Dan 12 :3) Par contre, ceux qui rejettent la Parole de Dieu pour enseigner leurs propres pensées souillées sont durement condamnés par Dieu. Voyons dans le prophète Osée : « C’est avec toi, prêtre, que je suis en procès. Mon peuple périt faute de connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai de mon sacerdoce; puisque tu as oublié l’enseignement de ton Dieu, à mon tour j’oublierai tes fils ». (Os 4 :4-6) Saint Paul dit : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » (1 Cor 9 :16) Jésus ne disait-il pas des grands prêtres, docteurs et Pharisiens : « Ils ont la clé de la connaissance et non seulement ils n’entrent pas dans le Royaume, mais ils empêchent les autres d’y entrer ». (Lc 11 :52) « Ils sont assis sur la chaire d’enseignement de Moïse et ils mettent sur le dos des gens des fardeaux qu’ils n’osent même pas toucher du doigt. Faites tout ce qu’ils vous disent, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas ; ce sont des aveugles qui conduisent d’autres aveugles ». (Mt 23 :2,3 – Mt 15 :14)

Et Jésus avertit ses Apôtres et disciples : « Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 5 :20)

La justice dans le Nouveau Testament

La justice de Dieu est éternelle et elle ne change ni ne changera jamais. Ce que Dieu a dit dans l’Ancien Testament de la justice est encore vrai dans le Nouveau. On lit dans les proverbes : « Tel un homme sème, tel il récoltera » ou « Qui sème l’injustice récoltera le malheur ». (Prov 22 :8) On retrouve l’équivalent exact dans Saint Paul : « Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas de Dieu. Car ce que l’on sème on le récolte : qui sème dans sa chair récoltera dans sa chair la corruption; qui sème dans l’esprit récoltera de l’esprit la vie éternelle ». (Gal 6 :7,8)

On ne peut récolter autre chose que ce que l’on a semé. Celui qui ne veut pas pardonner à son frère ne peut pas être pardonné par Dieu. Jésus nous fait dire dans le Notre Père : « Pardonnez-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Et il nous dit clairement : « Vous serez mesurés avec la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré les autres ». (Mt 7 :2)

C’est tellement vrai que celui qui ne veut pas pardonner à son frère ne peut pas guérir, s’il est malade et demande à Dieu sa guérison. Dans l’Écriture, nous lisons : « Pardonne à ton prochain ses torts, alors à ta prière, tes péchés te seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre, comment peut-il demander à  Dieu sa guérison? » (Sir 28 : 2,3) « Bienheureux les miséricordieux; ils obtiendront miséricorde! » (Mt 5 :7) Celui qui sème la miséricorde récoltera la miséricorde. Mais celui qui ne veut pas être miséricordieux envers les autres ne pourra pas obtenir la miséricorde de Dieu. Voyons la parabole du débiteur impitoyable. Il devait une grosse somme à son patron. Parce qu’il ne pouvait pas payer, le patron compatissant lui remit sa dette et le renvoya libre. Au retour cet homme prend à la gorge un voisin qui lui devait une petite somme. L’autre ne pouvait pas payer et il le fit mettre en prison. Le patron apprit sa conduite et le fit demander : « Est-ce que j’ai eu pitié de toi? » (Mt 18 :33) Et le patron le fit mettre en prison jusqu’à ce qu’il ait tout payé sa dette. Sa dette effacée revint parce qu’il n’avait pas voulu pardonner la dette de son voisin « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». Pour que nous ne nous fassions aucune illusion, Jésus conclut la parabole : « C’est ainsi que vous traitera mon Père céleste si vous ne pardonnez pas aux autres du fond du cœur ». (Mt 18 :35) C’est à nous de décider comment nous voulons être traités par Dieu et  rappelons-nous que les belles paroles ne lui suffisent pas. Lui il connaît les intentions réelles parce qu’il « sonde les reins et les cœurs ». (Ps 7 :10 – Jer  11 :20) Dieu ne peut pas choisir pour nous. Au contraire, dans son infini respect pour la liberté humaine qu’il a lui-même donnée, il dit : « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ».  (Deut 30 : 19,20) Dieu nous laisse le choix de la semence et en même temps le choix de la récolte pour le jour du jugement. Et si nous voulons savoir comment nous serons traités au jour du jugement, nous n’avons qu’à regarder comment nous traitons nos frères. Saint-Jean dit « Celui qui prétend aimer Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur, car comment pourrait-il aimer Dieu qu’il ne voit pas s’il n’aime pas son frère qu’il voit? » (1 Jn 4 :20) Personne ne peut récolter autre chose que ce qu’il a semé ni dans son jardin ni dans son âme!

Ce que dit l’Évangile

« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le également pour les autres; voilà la loi et les prophètes ». (Mt 7 :12)

« Vous serez mesurés avec la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré les autres ». (Mt 7 :2)

« Chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur ». (1 Cor 3 :8)

« Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas de Dieu.  Ce que l’on sème, on le récolte ». (Gal 6 :7)

« Qui sème l’injustice récoltera le malheur ». (Prov 22 :8)

La justice de Dieu (2)

Octobre 1982 – Volume 1.10

La justice dans notre jardin (2)

Nous savons bien que dans le jardin en arrière de la maison nous ne pouvons pas récolter autre chose que ce que nous avons semé. Nous préparons la terre soigneusement et nous choisissons les meilleures semences. Et nous avons raison!

Mais comment se fait-il qu’une fois revenus en avant de notre maison, nous ayons tout oublié des lois de la semence et de la récolte? Nous pouvons semer dans notre âme le bon et le mauvais, inconscients que la récolte viendra bonne ou mauvaise selon ce que nous aurons semé. Nous oublions que nos désirs, nos pensées, nos jugements, nos actes sont des semences déposées dans nos âmes; nous oublions que la récolte viendra sûrement et qu’elle sera bien décevante si nous avons semé le mal en abondance. Que présentera-t-on au jour du jugement? À ce moment-là, il n’y aura pas d’excuse ni de discours; « La liste de ta récolte s.v.p. »

Saint Paul savait bien cela, lui qui disait : « Tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaine, faites-en l’objet de vos pensées ». (Ph 4:8) Tel un homme pense, tel il est dans son cœur.

Décidons nous-mêmes ce que nous voulons semer et récolter dans notre jardin. Si nous voulons recueillir dans notre âme des médisances, des calomnies et des mensonges, libre à nous, mais ces semences germeront et finiront par sortir. L’Écriture dit : « Ce qui leur entre par les oreilles leur sort par la bouche. Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme, mais ce qui en sort ». (Mt 15:11)

La justice de Dieu et notre destin

Beaucoup se demandent si nous avons une destinée. Bien sûr! Une destinée fixée d’avance? Bien sûr! Tout dépend de ce que l’on a semé. Bien sûr que nous avons une destinée, mais celle que nous aurons faite nous-mêmes. Chacun est l’artisan de sa vie et de son destin. Dieu fait seulement nous dire quoi faire. Il nous indique les bonnes semences et les mauvaises. Il ne choisit même pas pour nous. Dieu ne nous force jamais à faire le bien, il y a seulement les hommes qui imposent leur volonté aux autres. Le Concile a bien marqué cette liberté que Dieu nous a laissée en faisant sa si belle déclaration sur la liberté de conscience. Aux Apôtres, les chefs de l’Église naissante, Jésus dit : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec l’élan du cœur; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau ». (1 P 5:2,3) Être les modèles du troupeau, veut dire commencer par faire ce qu’on enseigne. Des Pharisiens, Jésus disait : « Ne vous réglez pas sur leurs actes, ils disent, mais ne font pas ». (Mt 23:3)

Nous pouvons savoir d’avance comment Dieu nous traitera au jour du jugement : « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». (Mt 7:2) Notre jugement nous l’écrivons tous les jours nous-mêmes avec nos désirs, nos pensées, nos jugements, nos paroles et nos actions. Toutes ces choses sont des semences qui poussent dans l’âme et nous serons au jour du jugement devant la récolte que nous aurons préparée nous-mêmes. Notre jugement est entre nos mains, c’est à nous de l’écrire comme nous le voulons. Dieu ne fera que lire ce que nous avons écrit. Merveilleux! Bienheureux sommes nous si nous sommes miséricordieux pour les autres!

Alors prend toute sa valeur la Règle d’Or donnée par Jésus : « Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le également pour les autres ». (Mt 7:12) Notre sort est entre nos mains.

Justice de Dieu et justice humaine

La justice divine a une précision et une exactitude que ne connait pas la justice humaine. Nous, nous jugeons sur les apparences et avec les saletés que nous avons dans le cœur. Quand nous condamnons les autres, ce sont nos propres saletés et ordures que nous condamnons, mais que nous tirons à la figure des autres. Saint Paul le dit bien : « Aussi es-tu sans excuses, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu fais de même, toi qui juges ». (Ro 2:1) « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». (Mt 7:2) « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même ». (Tob 4:15)

Dieu ne fait pas d’erreur. Il est la justice parfaite. Pendant que nous jugeons sur les apparences, Dieu, lui, « sonde les reins et les cœurs ». Il voit les intentions réelles. Pour lui, l’intention bonne est un acte bon et l’intention mauvaise est un acte mauvais. Dieu sait que les pensées mauvaises sont des actes non manifestés. « Celui qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère en son cœur ». (Mt 5:28) Jésus l’a dit de façon claire : « Les mauvaises pensées viennent du cœur : les homicides, les adultères, etc. » Comme mauvaises pensées, Jésus donne des actes parce que c’est la même chose. De la même façon, celui qui veut faire le bien, mais rencontre un échec aura la même récompense que s’il avait réussi.

Nous, nous récompensons ou punissons seulement les actes extérieurs. Dieu récompense ou punit les bonnes ou mauvaises intentions. Personne ne peut échapper à son œil ou à sa justice. Si je m’enfuis… tu es là…

Pour celui qui refuse la lumière et qui ne veut pas se repentir, la justice de Dieu est inexorable : « Vous mourrez dans votre péché », disait Jésus aux prêtres Juifs. Quand la miséricorde de Dieu est refusée, la justice s’exerce inexorablement et « il est effroyable de tomber aux mains du Dieu vivant ». (He 10:31)

Merveille que cette justice de Dieu qui récompense nos bons désirs, nos bonnes pensées, nos bonnes intentions, nos plus petits efforts comme si tout cela était un succès. Dieu sait comme nous sommes faibles, changeants, inconstants et il nous aide comme les meilleures mamans aident les tout petits à marcher! Comme le disait le psalmiste : « Dieu sait de quoi nous sommes faits ».

Justice et perfection

La justice de Dieu est parfaite. Il veut que nous aussi nous arrivions à une justice parfaite. « Soyez parfaits comme le Père céleste est parfait », disait Jésus. Arriver à la perfection c’est un long, très long cheminement. Jésus a tracé le chemin avant nous. « Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même ». (Jn 13:15) Il a dit aussi : « C’est la volonté de mon Père que tous les hommes arrivent à la connaissance de la Vérité et qu’ils soient sauvés ». (1 Tim 2:4) Bien sûr, pauvres misérables que nous sommes, nous pouvons crier à l’impossible. « Mais, ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu ». (Mc 10:27) Saint Paul dit très justement : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ». (Ph 4:13) Pour cela, il faut de notre part : humilité, prière, méditation, esprit de décision, effort constant. Dieu, lui, a promis son Esprit pour nous guider : « Je vous enverrai mon Esprit, il vous rappellera tout ce que je vous ai dit et il vous conduira à la Vérité entière ». (Jn 14:26) (Jn 16:13)

Tout ce qui a été mal fait dans l’univers doit être refait et bien fait. Si nous demandons humblement la lumière, Dieu envoie son Esprit de Vérité; si nous demandons le courage, il envoie son Esprit de force pour nous soutenir; si nous tombons, Jésus Sauveur nous relève; si nous recommençons, il nous aide à mieux faire.

Et quand nous aurons refait et bien fait tout ce qui a été mal fait; quand nous aurons corrigé tous nos travers, alors nous pourrons nous élever et être UN avec Dieu dans notre demeure éternelle. Courage! La victoire est au bout. Tout le ciel combat à vos côtés.