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Fernande Morin
Gallichan

La justice de Dieu (1)

Septembre 1982 – Volume 1.9

 La justice de Dieu (1)

Celui qui ne veut pas accepter la miséricorde de Dieu doit un jour affronter la justice de Dieu et, Saint Paul nous dit : « C’est une chose effroyable que de tomber entre les mains du Dieu vivant ». (He 10 :31) Celui qui refuse la miséricorde doit subir les rigueurs de la justice divine.  Parce que Dieu est miséricorde infinie, il prend tous les moyens possibles pour nous ramener de nos mauvais chemins, pour nous détourner des œuvres mauvaises. Si la mauvaise volonté persiste vient la justice. Et la justice de Dieu ne manque jamais. Mais Dieu est infiniment patient. Au livre de la sagesse, nous lisons : Dieu punit les hommes progressivement pour leur donner la chance de se repentir « Car ton esprit incorruptible est en toutes choses! Aussi est-ce peu à peu que tu reprends ceux qui tombent; tu les avertis, leur rappelant en quoi ils pèchent, pour que, débarrassés du mal, ils croient en toi, Seigneur ». (Sg 12 :1,2)

Qu’est-ce que la justice?

La justice, c’est un équilibre entre une action ou une chose et sa valeur réelle; un équilibre entre une action bonne et sa récompense; entre une action mauvaise et sa punition. Voyons un peu ce qu’est la justice sur la terre. Si vous achetez 10 livres de sucre à 0.20 $, il vous faut recevoir 10 livres pour 2.00 $, c’est juste! Il y a équilibre parfait entre ce que vous avez déboursé et ce que vous avez reçu.

Vous faites venir un électricien qui travaille trois heures dans votre maison. Vous lui payez le prix de trois heures. Il y a justice parfaite.

Vous allez chez le mécanicien pour une réparation que vous payez 72.00 $. En partant, vous réalisez que le même trouble est là. Vous retournez au garage et vous faites reprendre le travail sans payer de nouveau. Et c’est juste. Cette fois vous avez reçu en valeur de travail l’égal de ce que vous aviez versé.

La justice humaine peut avoir des failles, mais la justice divine est parfaite; elle ne manque jamais parce qu’elle est éternelle. La justice des hommes est faillible, mais la justice de Dieu est parfaite, car « Dieu sonde les reins et les cœurs ». Il connaît les pensées et les intentions réelles et cachées. Dieu n’est pas un homme; en Lui il y a équilibre parfait entre la valeur des actes et leur récompense. Il ne juge pas sur les apparences.

La justice dans l’Ancien Testament

L’Ancien Testament est la période où la justice de Dieu est clairement manifestée. Cette justice prépare le chemin à l’amour. Saint Thomas dit : « Il est impossible d’arriver à l’amour sans la justice ». Saint Paul exprime clairement ce qu’est cette justice divine : « Chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur ». (1 Cor 3 :8)

Le prêtre a la grande responsabilité d’annoncer aux hommes la Parole de Dieu. S’il le fait bien il aura une récompense merveilleuse. Voyons ce que dit le prophète Daniel : « Ceux qui auront enseigné la Vérité à beaucoup brilleront dans le ciel comme les étoiles au firmament ». (Dan 12 :3) Par contre, ceux qui rejettent la Parole de Dieu pour enseigner leurs propres pensées souillées sont durement condamnés par Dieu. Voyons dans le prophète Osée : « C’est avec toi, prêtre, que je suis en procès. Mon peuple périt faute de connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai de mon sacerdoce; puisque tu as oublié l’enseignement de ton Dieu, à mon tour j’oublierai tes fils ». (Os 4 :4-6) Saint Paul dit : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » (1 Cor 9 :16) Jésus ne disait-il pas des grands prêtres, docteurs et Pharisiens : « Ils ont la clé de la connaissance et non seulement ils n’entrent pas dans le Royaume, mais ils empêchent les autres d’y entrer ». (Lc 11 :52) « Ils sont assis sur la chaire d’enseignement de Moïse et ils mettent sur le dos des gens des fardeaux qu’ils n’osent même pas toucher du doigt. Faites tout ce qu’ils vous disent, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas ; ce sont des aveugles qui conduisent d’autres aveugles ». (Mt 23 :2,3 – Mt 15 :14)

Et Jésus avertit ses Apôtres et disciples : « Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 5 :20)

La justice dans le Nouveau Testament

La justice de Dieu est éternelle et elle ne change ni ne changera jamais. Ce que Dieu a dit dans l’Ancien Testament de la justice est encore vrai dans le Nouveau. On lit dans les proverbes : « Tel un homme sème, tel il récoltera » ou « Qui sème l’injustice récoltera le malheur ». (Prov 22 :8) On retrouve l’équivalent exact dans Saint Paul : « Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas de Dieu. Car ce que l’on sème on le récolte : qui sème dans sa chair récoltera dans sa chair la corruption; qui sème dans l’esprit récoltera de l’esprit la vie éternelle ». (Gal 6 :7,8)

On ne peut récolter autre chose que ce que l’on a semé. Celui qui ne veut pas pardonner à son frère ne peut pas être pardonné par Dieu. Jésus nous fait dire dans le Notre Père : « Pardonnez-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Et il nous dit clairement : « Vous serez mesurés avec la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré les autres ». (Mt 7 :2)

C’est tellement vrai que celui qui ne veut pas pardonner à son frère ne peut pas guérir, s’il est malade et demande à Dieu sa guérison. Dans l’Écriture, nous lisons : « Pardonne à ton prochain ses torts, alors à ta prière, tes péchés te seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre, comment peut-il demander à  Dieu sa guérison? » (Sir 28 : 2,3) « Bienheureux les miséricordieux; ils obtiendront miséricorde! » (Mt 5 :7) Celui qui sème la miséricorde récoltera la miséricorde. Mais celui qui ne veut pas être miséricordieux envers les autres ne pourra pas obtenir la miséricorde de Dieu. Voyons la parabole du débiteur impitoyable. Il devait une grosse somme à son patron. Parce qu’il ne pouvait pas payer, le patron compatissant lui remit sa dette et le renvoya libre. Au retour cet homme prend à la gorge un voisin qui lui devait une petite somme. L’autre ne pouvait pas payer et il le fit mettre en prison. Le patron apprit sa conduite et le fit demander : « Est-ce que j’ai eu pitié de toi? » (Mt 18 :33) Et le patron le fit mettre en prison jusqu’à ce qu’il ait tout payé sa dette. Sa dette effacée revint parce qu’il n’avait pas voulu pardonner la dette de son voisin « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». Pour que nous ne nous fassions aucune illusion, Jésus conclut la parabole : « C’est ainsi que vous traitera mon Père céleste si vous ne pardonnez pas aux autres du fond du cœur ». (Mt 18 :35) C’est à nous de décider comment nous voulons être traités par Dieu et  rappelons-nous que les belles paroles ne lui suffisent pas. Lui il connaît les intentions réelles parce qu’il « sonde les reins et les cœurs ». (Ps 7 :10 – Jer  11 :20) Dieu ne peut pas choisir pour nous. Au contraire, dans son infini respect pour la liberté humaine qu’il a lui-même donnée, il dit : « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ».  (Deut 30 : 19,20) Dieu nous laisse le choix de la semence et en même temps le choix de la récolte pour le jour du jugement. Et si nous voulons savoir comment nous serons traités au jour du jugement, nous n’avons qu’à regarder comment nous traitons nos frères. Saint-Jean dit « Celui qui prétend aimer Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur, car comment pourrait-il aimer Dieu qu’il ne voit pas s’il n’aime pas son frère qu’il voit? » (1 Jn 4 :20) Personne ne peut récolter autre chose que ce qu’il a semé ni dans son jardin ni dans son âme!

Ce que dit l’Évangile

« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le également pour les autres; voilà la loi et les prophètes ». (Mt 7 :12)

« Vous serez mesurés avec la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré les autres ». (Mt 7 :2)

« Chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur ». (1 Cor 3 :8)

« Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas de Dieu.  Ce que l’on sème, on le récolte ». (Gal 6 :7)

« Qui sème l’injustice récoltera le malheur ». (Prov 22 :8)

La Sainte Vierge (2)

Août 1982 – Volume 1.8

Marie, Mère de Dieu

Quand une maman donne naissance à un enfant, elle ne lui crée pas son âme, elle lui fabrique uniquement son corps. Pourtant on l’appelle mère de l’enfant. Marie n’a modelé que le corps de Jésus. Son âme humaine était formée antérieurement dans le sein de Dieu et sa divinité était éternelle. Ainsi son enfant, Dieu et homme, est aussi réellement son enfant que tout enfant est réellement fils de sa mère. C’est avec raison que nous disons de Marie qu’elle est la Mère de Dieu.

Mère de Jésus et notre mère

Quand une mère donne naissance à un enfant; cet enfant arrive au monde avec tous ses membres. Saint Paul nous dit : « ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ? » (1 Cor 6 :15) Nous étions donc contenus en germe dans l’enfant conçu dans le sein de la Vierge Marie.

Dans un pépin de pomme sont contenus à la fois le tronc du pommier et ses branches. Voyons comment le Christ lui-même exprime notre union avec lui et en lui : « Je suis la vigne; vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits; car hors de moi vous ne pouvez rien faire ». (Jn 15 :5)

Tous les enfants de Dieu qui croient en sa Parole font partie du corps du Christ. Saint Paul exprime cette même pensée très clairement : « Il est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église ». (Col  1 :18) Tous les chrétiens qui croient au Christ et qui vivent selon leur foi font partie du Corps du Christ. C’est la merveille de la transmission de la vie divine par le Christ de la même façon que la vie d’un arbre est transmise par le tronc à toutes les branches. Marie est donc réellement notre Mère puisque nous sommes les membres de son enfant.

Le prix de la maternité de Marie

L’enfantement de Jésus fut pour Marie sans douleur. L’enfantement dans les douleurs fut la conséquence du péché ainsi que la souffrance, la maladie et la mort. Dieu dit à Eve après son péché : « Tu enfanteras dans la douleur ». (Gen 3 :16)

Mais Marie était immaculée et Jésus était immaculé. Il n’y avait pas en Marie la cause des douleurs de l’enfantement. Les saints ont eu l’intuition de cette naissance merveilleuse en disant que Jésus est sorti de Marie sous forme de lumière. Comme plus tard, après sa résurrection Jésus vint visiter ses Apôtres au Cénacle alors que les portes étaient verrouillées. C’est ainsi que Marie est demeurée vierge après l’enfantement comme avant.

Mais pour nous donner la vie à nous, le problème était tout autre. Jésus était immaculé, mais nous,  nous sommes de pauvres pécheurs qui avaient perdu l’union avec Dieu et la vie divine. Pour nous donner la vie, elle endure de terribles douleurs.

Elle avait été là tout au long de la vie de Jésus, fécondant son travail par sa prière et son amour. Elle était là aussi au pied de la croix pour consommer avec lui la rédemption du monde.

Qui ne pourra jamais imaginer les douleurs de la femme la plus délicate du monde, la plus sensible, la plus tendre, la plus aimante pour son Fils unique? Chaque clou qui entrait dans les mains les ou les pieds de Jésus perçait en même temps son corps et son âme si sensibles. Chaque insulte pour son Fils, chaque outrage, chaque coup étaient ressentis par son cœur de Mère comme s’il eut été fait à elle.

Marie, resta jusqu’à la fin au pied de la croix, souffrant jusqu’au dernier moment la mort de son Fils. Au moment de rendre le dernier soupir, quand la rédemption du monde fut accomplie, Jésus put dire à sa mère : « Femme, voici ton fils » et à Jean : « Voici ta mère ». (Jn 19 : 26-27)

La rédemption était accomplie et Marie nous avait donné la vie dans les terribles douleurs d’enfantement. Celle qui avant était Marie devint Mère de tous les peuples de la terre; la Nouvelle Eve, mère de tous les vivants, fils de Dieu.

Le rôle de la mère

Depuis ce jour, Marie, la divine bergère, ne cesse de parcourir le monde à la recherche de ses enfants égarés. Elle les recueille, les soigne, les réchauffe sur son sein rempli de l’Esprit pour les porter à Jésus comme d’autres « lui-même » purifié et sanctifié par la vie divine.

Au moindre signe de bonne volonté de la part d’un de ses enfants, Marie accourt pour sauver son enfant et l’aider à refaire ses forces; elle le lave, le nettoie, le revêt de nouveaux habits qui sont les vertus chrétiennes. Un peu de bonne volonté et voilà l’égaré sur le chemin du retour.

La Sainte Vierge (1)

Juillet 1982 – Volume 1.7

 La Sainte Vierge (1)

La connaissance de la Sainte Vierge nous conduit à la connaissance du plan de Dieu et à la connaissance de Jésus qui renfermait en lui le verbe, le fils du Dieu vivant. « et le verbe s’est fait chaire, il a habité parmi nous ». (Jn 1 :14)

 Le mal et la mort sont entrés dans le monde par le péché d’un homme et d’une femme. Il fallait que ce désastre fût réparé par un homme et une femme. Mais le fils de Dieu fut un homme né de la terre. Il fallait donc qu’il s’incarnât en naissant d’une femme. Alors il serait Dieu et homme en même temps. Bien sur qu’il aurait pu se fabriquer instantanément un corps d’homme, mais dans ce cas-là il n’aurait pas été notre frère.

 Pour devenir un homme avec un corps parfait, il lui fallait trouver une mère parfaite. Il lui fallait attendre que naisse sur la terre celle qui avait atteint la perfection dans son âme et son corps. Alors elle pourrait fournir au verbe de Dieu un instrument parfait, un corps parfait, pour la rédemption de ses frères. Marie immaculée, pour former un enfant immaculé. Marie, la nouvelle Ève parfaite, pouvait réparer avec Jésus, le nouvel Adam parfait, l’œuvre manquée du premier Adam et de la première Ève.

 Quand Marie reçut la visite de l’ange Gabriel, il y avait longtemps qu’elle se préparait par la prière, la méditation de l’écriture. Éduquée par deux saints, Joachim et Anne, dans son jeune âge, Marie avait ensuite séjourné au temple plusieurs années. Là, elle avait connu en profondeur l’Écriture, par l’enseignement des femmes qui la gardaient et par ceux des docteurs de la loi. De plus, elle recevait lumière et connaissance par l’Esprit saint qui habitait en elle à un degré éminent. L’Esprit saint est le grand maitre des âmes. Sans la lumière de l’Esprit, la connaissance est terne et vide de son contenu divin. Avec l’Esprit, la connaissance s’approfondit jusqu’à atteindre des profondeurs inouïes. « Il vous révèlera toutes choses, il vous rappellera tout ce que je vous ai dit et il vous guidera jusqu’à la vérité entière ». (Jn 14 :26) « L’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu ». (1 Cor 2 :10)

 La foi de Marie

Ce qui frappe dans la vie de Marie c’est sa foi inébranlable et son amour indéfectible. Quand elle rendit visite à sa cousine Élizabeth, celle-ci lui dit : « Bienheureuse es tu, car tu as cru les paroles qui t’ont été dites de la part du Très-Haut »! (Lc 1 :45) Marie a cru de tout son cœur à la parole de Dieu, sachant bien que cette parole divine est « un argent natif au feu sept fois purifié ». (Ps 12 :7) Elle savait que la parole de Dieu est éternelle et qu’elle n’est pas une parole d’homme. Elle savait que les pensées de Dieu sont bien au-dessus de celles des hommes et que c’est seulement par la foi qu’on y a accès. « Mes pensées dit Dieu, sont aussi élevées au-dessus de vos pensées que les cieux sont élevés au-dessus de la terre ». (Is 55 :9)

L’amour de Marie

Marie c’est mise d’accord avec la volonté de Dieu manifestée dans l’Écriture, dans la foi. L’amour est précisément l’accord de volonté avec Dieu. Jésus disait :  » vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ». (Jn 15:14) Jésus disait : « me voici père pour faire ta volonté ». (He 10:9) Quand Marie répondit à l’ange : « qu’il me soit fait selon ta parole », (Lc 1:38) elle manifestait son accord de volonté avec Dieu. Voilà l’amour. L’amour est union de volonté et quand il est porté à sa perfection, c’est une fusion de volonté : « mon père et moi, nous sommes UN ». (Jn 17:22) On comprend aussi les paroles de Jésus : «  ce n’est pas celui qui crie seigneur, seigneur qui entrera au royaume de Dieu, mais celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux », (Mt 7:21) ou encore cette autre parole : « Qui est mon père, ma mère, mes frères, mes sœurs? Celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux ». (Mt 12:50) Voyons Marie au jour de l’annonciation.

L’annonciation de l’ange Gabriel

L’ange Gabriel se présente à une femme, fille de Nazareth, du nom de Marie. Il la salue : « Réjouis-toi, comblée de grâces, le seigneur est avec toi ». (Lc 1:28) Et l’écriture nous dit tout de suite après : « À cette parole, elle fut troublée et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. » (Lc 1:29)

Pourquoi Marie fut-elle troublée devant une salutation si merveilleuse? Tout simplement parce qu’elle ne savait pas d’où venait ce mystérieux messager.  Elle savait fort bien qu’un jour, un mystérieux messager s’était présenté à Ève, la première femme, pour lui chanter une belle chanson qui nous avait tous mis dans le pétrin. La proposition de Satan allait directement contre ce que Dieu avait dit et donc contre la volonté de Dieu. Et Ève avait succombé en croyant une illusion qui était contre la vérité.

Marie savait cette histoire par cœur et ne voulait pas la recommencer. Mais que faire pour savoir si le messager parlait au nom de Dieu ou s’il était encore un envoyé de Satan? Marie ne pouvait pas consulter et elle n’avait qu’un moyen de détecter à qui elle avait affaire et ce moyen était la foi en la parole de Dieu.

L’ange s’apercevant de son trouble, repris : « sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et appelé le fils du Très-Haut. Le seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il règnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin ». (Lc 1:30-33)

Cette parole de l’ange n’arrangeait rien du tout, car Marie avait décidé de rester vierge. Elle dit à l’ange : « comment cela sera-t-il puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange répondit : « L’Ésprit saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi, l’être saint qui naitra sera appelé fils de Dieu ». (Lc 1 :35)

Marie plongea son regard, à la lumière de l’Esprit, dans l’Écriture qui contient la parole de Dieu, la Parole de Vérité. Elle rejoignit la prophétie d’Isaïe : « voici que la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel ». (Is 7 :14) Le mot Emmanuel veut dire : Dieu avec nous et donc l’incarnation de Dieu en l’enfant. 

Marie avait le signe attendu et c’est de tout son cœur qu’elle donna son assentiment à la Parole de Dieu transmise par l’ange : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ». (Lc 1 :38)

Marie, voyant que l’ange venait de Dieu puisqu’il disait la même chose que Dieu, se mit pleinement d’accord avec Dieu. Et le verbe de Dieu, le fils éternel de Dieu s’incarne sur la terre ; il devient notre frère. Marie crut, c’est la foi. Elle réalise la volonté de Dieu, c’est l’amour.

(Suite au prochain numéro)…

La Miséricorde de Dieu

Juin 1982 – Volume 1.6

La Miséricorde de Dieu

La miséricorde est le joyau de l’amour divin pour ses enfants de la terre. La miséricorde de Dieu est l’espérance du pécheur tombé qui sait qu’il peut se relever malgré la profondeur de sa faute. C’est pour le juste, la certitude qu’il peut arriver à la perfection parce que l’amour de Dieu miséricordieux le soutiendra dans toutes les difficultés.

La miséricorde, c’est quoi au juste? Pour bien comprendre le sens, il faut remonter à l’origine du mot. Miséricorde vient de deux mots latins : miseri et corde. Littéralement, cela veut dire : l’amour qui se penche sur la misère ou encore : aider le misérable avec son amour.

Cette miséricorde de Dieu pour nous trouve une réplique sur la terre dans l’amour de la mère pour son enfant. Si l’enfant tombe et se fait mal, la mère accourt pour relever l’enfant et panser sa plaie s’il s’Est blessé. Même si elle punit son enfant, elle le fait par amour et, une fois la correction passée, elle a tout oublié et le soleil de l’amour brille toujours dans ses yeux.

Dieu est Miséricorde Infinie

Dieu est le plus miséricordieux que la meilleure des mères. « Même si une mère abandonnait son enfant, moi je ne vous abandonnerai jamais». (Is 49 :15) Dieu n’a jamais rompu son alliance avec son peuple parce qu’« éternel est son amour» (Ps 136) et que sa miséricorde est sans limites. « Les dons de Dieu sont sans repentance », nous dit l’Écriture. Dieu veut nous sauver et son amour ne change jamais. Jésus a illustré la pérennité de cet amour qui ne change jamais dans la parabole de l’Enfant Prodigue.

L’enfant, fasciné par l’illusion d’une vie de plaisir, quitte la maison de son père avec la fortune qui devait lui revenir par héritage.  Il part vers le bonheur. Il trouve des filles de joie, de la musique, des fêtes, des banquets, jusqu’au jour où l’argent vient à manquer. Ce fut la catastrophe. Plus de filles, plus de boissons fortes, plus d’amis, plus rien à manger. Il se décide à travailler, mais à cause de la famine, il ne trouve pas d’ouvrage. Et la faim le rongeait. Un habitant du pays l’envoya garder ses cochons. Rien à manger sauf soutirer quelque chose de la part des cochons. La misère noire et l’abandon de tous!

Mais la souffrance est une dure école et la solitude provoque la réflexion. « Je conduirai l’âme dans la solitude et là, je lui parlerai au cœur ». (Os 2 : 16) Le jeune homme si mis à penser aux beaux jours où il était à la maison au sein d’une famille heureuse et le désir de revenir au paradis perdu revint en son cœur. Il s’achemina vers la maison de son père pour obtenir une place comme employé. Il savait que son père était bon. Il se dit «  Mon père est bon, il m’acceptera sûrement comme employé; je vais lui dire : « J’ai pêché contre le ciel et contre toi, je ne suis pas digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes serviteurs ». (Lc 15 :18-21)

Le jeune homme avait fait un résonnement intelligent. Il espérait trouver un patron qui lui permettre de gagner sa vie. À la place d’un patron, il trouva un père dont l’amour n’avait pas changé. Il trouva deux bras ouverts pour le serrer sur son cœur : « Mon fils est revenu à la vie; faisons une fête ». (Lc 15:32)

L’enfant avait changé, il avait coupé les liens avec son père cherchant d’autres amours reluisants, mais sans consistance. IL apprit que tout ce qui brille n’est pas or. En arrivant à la maison, il trouva l’or véritable : l’amour de son père qui était intact et solide comme le roc.

Dieu ne touche jamais à la liberté de l’homme. Mais quand nous nous égarons, l’amour de Dieu est toujours là pour nous relever et nous sortir du mauvais pas, si nous en avons le moindre désir. Quand nous nous détournons des illusions, Dieu présente la Vérité : la clé du Bonheur.

Dieu nous cherche sans cesse. Jésus est le bon pasteur qui laisse dans le bercail les 99 brebis pour courir après la centième qui s’est égarée. Il la cherche jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, il panse ses plaies et il la ramène triomphalement sur ses épaules. « C’est la volonté de mon Père que pas un ne se perde de ceux qu’il m’a confiés». (Mt 18 :14) «  C’est la volonté de mon Père que tous arrivent à la connaissance de la Vérité et qu’ils soient sauvés». (1 Tim 2 :4) Voilà l’amour du Père. Il veut ramener à lui tous ses enfants égarés pour qu’ils soient éternellement heureux avec lui. Dieu veut pour nous un bonheur éternel et nous, nous cherchons le bonheur dans les choses passagères qui demain ne seront plus.

La Justice alliée de la Miséricorde

La miséricorde de Dieu est infinie et éternelle comme lui. Mais la justice de Dieu est également éternelle. Saint Thomas dit que la miséricorde est en Dieu plus grande que la justice et Saint Paul dit : « La miséricorde se moque du jugement ». Cela est merveilleux pour les petits que nous sommes!

La miséricorde n’est pas opposée à la justice. Au contraire, la miséricorde vient aider à la justice divine et il n’y a pas de miséricorde sans justice. La miséricorde suspend la justice jusqu’à ce qu’elle puisse se réaliser. Ainsi « justice et paix s’embrassent et amour et vérité se rencontrent ». (Ps 85 :11) « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres». (Ps 145) Voyons l’alliage de la miséricorde et de la justice dans le cas du bon larron, à un bandit à qui Jésus mourant dit: « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ». (Lc 23 :43)

Laissons-le nous le dire lui-même, à l’autre brigand qui insultait Jésus, il dit : « Tu n’as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c’est juste, nous payons nos actes; mais lui n’a rien fait de mal ». (Lc 23 : 40,41) La justice est faite, la miséricorde peut s’exercer : « Aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis ». (Lc 23 :43) La miséricorde et la justice ont travaillé ensemble à sauver cette âme.

Voyons le cas de l’Enfant Prodigue. Son père lui accorde son pardon sans condition, mais le jeune homme avait demandé lui-même que justice se fasse. « Traite-moi comme l’un de tes serviteurs ». (Lc 15 : 19) Le père lui-même voulant calmer le frère mécontent de la fête lui dit : « Tout ce qui est à moi est à toi ». (Lc 15 :31) Il n’est donc pas question de redonner de nouveau une portion de l’héritage; ce serait injuste. Ce qui est juste, c’est que le jeune homme puisse avoir un travail et gagner sa vie. Il n’est pas question de lui redonner une vie toute faite comme la première fois.

Il est juste que le jeune homme ait à gagner sa vie à la sueur de son front. Il est juste également qu’il ait à batailler avec lui-même pour vaincre et dominer toutes les passions qu’il a développées. Son père ne peut le faire pour lui. Les vertus ne sont pas données en cadeau, il faut les acquérir. Dieu nous aide, mais il ne peut avance pour nous : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il se renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». (Lc 9 :23) Le ciel n’est pas un cadeau; c’est la récompense des vertus acquises avec la grâce de Dieu. C’est une victoire remportée de haute lutte.

Décision personnelle

C’est à chacun de décider s’il veut profiter de la miséricorde divine. Jésus a tout dit dans une béatitude : « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde »! (Mt 5 :7) Personne ne peut récolter autre chose que ce qu’il a semé. Jésus a été clair : «  Vous serez mesurés avec la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré les autres ». (Mt 7 : 2) C’est à nous de choisir ce que nous voulons recevoir de la part de Dieu. On n’a qu’à le faire au prochain; Dieu est caché là; il s’en souviendra.

L’Écriture nous dit que la maladie et la mort sont entrées dans le monde par le péché. Au paralytique guéri après 38 ans, Jésus dit : « Ne pêche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire ». (Jn 5 : 14) A la fin de la parabole du débiteur impitoyable emprisonné par son patron : « C’est ainsi que vous traitera aussi mon père céleste, si chacun de nous de pardonne pas à son frère du fond de son cœur ». (Mt 18 : 35)

À celui qui s’accuse en confession d’avoir volé 500.00 $ on lui donne l’absolution à la condition qu’il ait l’intention de réparer le mal qu’il a fait. Il n’y a pas de miséricorde sans justice.

Rien de Souillé dans le Royaume

L’Écriture nous dit : « Rien de souillé n’entrera dans le Royaume des cieux ». Tout ce qui a été mal fait doit être refait et bien fait. Celui qui a volé doit rembourser; celui qui a dit des médisances et des calomnies doit les réparer; celui qui a tué doit payer de sa vie par la prison à vie. Tout doit se payer et c’est juste.

Mais comment va faire le pauvre pécheur pour tout payer ce qu’il a fait? C’est ici que la miséricorde apporte un autre mode de paiement merveilleux. Dieu le dit lui-même : « Si le pécheur se convertir et se met à faire le bien, je ne me souviendrai plus de ses péchés ». (Ez 18 :21,22) Voilà la merveille : le pécheur qui se convertit et se met à faire le bien, sa dette s’effacera peu à peu jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Mais dans ce cas-là, il aura avancé et il aura gravi bien des échelons dans la vertu. La miséricorde aura triomphé de la justice.

C’est seulement pour le cœur pénitent, qui refuse la miséricorde de Dieu, que la justice de Dieu est inévitable et inexorable : « Il est effroyable que je tomber entre les mains du Dieu vivant ». À chacun de choisir entre la vie ou la mort. Personne ne peut choisir pour nous.

Ce que dit l’evangile

« Soyez miséricordieux comme le Père céleste est miséricordieux ». (Lc 6 :36)

« Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres ». (Mt 7 :2)

« Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». (Mt 5 :7)

La Charité envers le prochain

Mai 1982 – Volume 1.5

La Charité envers le prochain

Nous avons vu que Dieu est amour et comment il nous a aimés. Il nous a aimés en manifestant ce qu’il est, en nous donnant ce qu’il est : amour, bonté, miséricorde, justice et tendresse infinie pour des petits misérables.

Voilà ce que Dieu a fait pour nous et il nous dit : «  Soyez miséricordieux; comme le Père céleste est miséricordieux; il fait pleuvoir sur les justes et les injustes et il envoie son soleil sur les bons et les méchants. » (Mt 5 :45) Même, il ose nous proposer : « Soyez parfaits comme le Père céleste est parfait.» (Mt 5 :48)

En nous proposant un si haut modèle, Dieu ne nous a pas demandé l’impossible. C’est lui qui, avec du noir charbon, fait les purs diamants; c’est lui qui a fait de Marie Madeleine pécheresse une étoile dans le ciel; c’est lui qui a fait de la femme adultère et de la Samaritaine des femmes nouvelles et dignes qui devinrent des apôtres et des témoins du nouveau Royaume; c’est lui qui a fait du publicain Mathieu un saint et un évangéliste; c’est lui qui a fait du modeste Pierre un saint et le chef de son Église pendant que docteurs, scribes, Pharisiens et grands prêtres étaient écartés. « Il abaisse les puissants, il relève les humbles». «Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu». (Mt 19 :26) Ce même amour que Dieu a eu pour nous il veut que nous le reportions sur nos frères. Et il le dit en clair : «Aimez-vous comme je vous ai aimés.» Rien de moins! Et Jésus a dit encore : « C’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous». (Jn 13 :15)

À ses Apôtres, qui étaient les fondements du nouveau Royaume, il l’a signifié de façon très nette : «Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec l’élan du cœur; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau». (P 5 :2,3) Une fois que les Apôtres se disputaient entre eux à savoir qui d’entre eux aurait la première place dans le Royaume, (sur la terre bien entendu!) Jésus leur dit : « Celui qui veut être le premier parmi vous, qu’il soit le dernier et le serviteur de tous». (Mt 20 26,27)

Jésus a passé son temps à servir. Il a payé la dette de ces pauvres prisonniers que nous étions, de ces esclaves pour en faire des hommes libres; il a aimé les pécheurs et les pouilleux pour qu’ils deviennent des âmes transparentes de Dieu, il a aimé Madeleine pécheresse parce que lui, le créateur, il savait que les âmes sont comme les fleurs; elles ont besoin de soleil pour se développer et s’épanouir. Le soleil de l’amour divin éclaire de la douce lumière de la Vérité, réchauffe de son tendre amour, fait croître par sa puissance créatrice, nourrit par sa Providence, relève et refait la fleur tombée plus belle qu’avant par son amour miséricordieux tout puissant.

Ce que Jésus a fait pour nous, il veut que nous le fassions pour les autres. Il nous l’a exprimé doucement dans ce qu’on a appelé si justement la Règle d’Or : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le également pour les autres; voilà la loi et les prophètes». (Mt 7 :12) Il savait, lui, le Créateur de l’univers qu’il est impossible de récolter autre chose que ce que l’on sème. Il l’a dit bien clairement : « Tel l’homme sème, tel il récoltera» et St-Paul l’a repris : « Ne vous y trompez pas; on ne se moque pas de Dieu. Car ce que l’on sème, on le récolte : qui sème dans sa chair récoltera dans sa chair la corruption; qui sème dans l’esprit récoltera de l’esprit la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien; en son temps viendra la récolte si nous ne nous relâchons pas». (Gal 6 :7-9)

Nous savons très bien dans notre jardin en arrière de la maison que nous ne pouvons pas récolter autre chose que ce que nous avons semé. Si nous semons des tomates, nous savons que nous récolterons des tomates; et nous savons très bien que si nous semons des chardons ou de l’herbe à puce, nous récolterons des chardons et de l’herbe à puce!

Commet se fait-il qu’une fois revenus en avant de la maison, nous ayons tout oublié les lois de la semence et de la récolte? C’est à croire que nous devrions mettre les jardins en avant des maisons afin que tout le monde sache les lois de Dieu dans la nature, de même que les résultats des efforts faits pour entretenir un beau jardin.

Aussitôt revenus en avant de la maison, nous oublions que notre âme est un jardin où pousse seulement ce que nous y semons, mais tout ce que nous semons. Nous partons en semant partout de mauvais désirs, de mauvaises pensées, de mauvaises paroles et de mauvaises actions. Nous semons à tout vent des jugements mauvais, des mépris, des médisances, des calomnies, des actes injustes, des critiques justifiées ou injustifiées. Nous semons la tristesse, l’angoisse, la rancune, la vengeance; nous semons notre orgueil, nos vices, notre égoïsme partout sur notre passage. Nous oublions complètement ce qui se passe dans le jardin en arrière de la maison; nous oublions que tout ce que nous avons semé autour de nous va pousser et grandir, et que la récolte s’en vient demain.

Nous oublions qu’après avoir semé médisances, calomnies, mensonges, injustices de toutes sortes que nous serons fatalement un jour en face de la récolte. Nous oublions aussi que nous récoltons toujours beaucoup plus que ce que nous avons semé : « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. Donnez, et l’on vous donnera; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour ». (Lc 6 38-38)

Mais n’y aurait-il pas moyen de semer dans nos âmes et dans les âmes des autres, autre chose que de la pourriture, autre chose que de l’herbe à puce, des chardons ou des épines?   L’Écriture nous dit : « Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est Justice, Paix et Joie dans l’Esprit-Saint». (Rom 14 :17)

Les fruits qui résultent de la semence d’une vie dans l’Esprit nous sont clairement indiqués par St-Paul : « Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maitrise de soi; contre de telles choses, il n’y a pas de loi». (Gal 5 :22) Et St-Paul dit encore : « Les vrais Fils de Dieu sont animés par l’Esprit de Dieu ». (Rom 8 :14)

Pour récolter les fruits de l’Esprit, il faut semer dans l’Esprit et non dans la chair. Écoutons encore St-Paul: « On sait tout ce que produit la chair: fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements, disputes, discussions, scissions, sentiments d’envie, orgies, ripailles et choses semblables – et je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là; n’hériteront pas du Royaume de Dieu». (Gal 5:19-21) Par cette dernière phrase, St-Paul répète comme le Christ: « Rien de souillé n’entrera dans le Royaume des cieux».

Nous en avons assez pour bien comprendre les pensées à cultiver vis-à-vis du prochain; les actes à produire pour lui; les attitudes à prendre vis-à-vis de tout le monde; mais surtout vis-à-vis de ceux qui ont de grands besoins spirituels ou matériels. St-Jean dit: « Si quelqu’un dit: j’aime Dieu et qu’il déteste son frère, c’est un menteur: celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas ». (Jn 4:20)

C’est tout logique et tout simple si on comprend la parole du Christ: « tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.» (Mt 25:40) Dieu et l’autre, c’est la même chose. En traitant le prochain comme si c’était le Christ, voici quels seront les résultats pour nous-mêmes: « Vous serez traités avec la même mesure avec laquelle vous aurez traité les autres». (Mt 7:2) Personne ne peut récolter autre chose que ce qu’il a semé et c’est juste!

Ce qui est merveilleux en cela, c’est que nous décidons nous-mêmes, par nos actes, la manière dont nous désirons être traités nous-mêmes. Dans nos champs et nos jardins, nous semons ce que nous voulons récolter; dans nos vies, si nous voulons une vie heureuse sur terre et de l’autre coté du voile, il nous faut déposer dans notre âme et dans l’âme du prochain, de bonnes semences seulement.

Il faut aussi découvrir les mille moyens de servir le prochain. Ce peut être un coup de main pour mouvoir une pierre, pour clouer une planche; ce peut être un sourire pour une personne triste; ce peut être une parole de Jésus pour réanimer une personne angoissée; ce peut être une prière pour aider, consoler, animer; ou une prière pour aider à sortir d’une situation embarrassante; ce peut être une messe pour un malade ou une communion à ses intentions ou une visite pour le réconforter; ce peut être un chapelet pour faire jaillir l’étincelle suffisante pour sortir d’un mauvais pas; ce peut être aussi une visite, une prière fervente pour la guérison d’un malade ou pour la conversion d’un jeune égaré que sa mère recherche avec amour, etc., etc.

Il y a mille moyens d’aider le Seigneur dans le prochain. C’est l’amour qui les fait découvrir. Cherchez et vous trouverez. Le Seigneur viendra à votre rencontre aussitôt que votre désir sera formé.