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de la Semaine

Décès

Fernande Morin
Gallichan

L’Eucharistie

Avril 1986 – Volume 2.4

L’Eucharistie

Voilà le grand mystère, le grand secret de Dieu. Jésus est venu nourrir nos âmes de la vérité pour chasser les ténèbres de nos âmes et de nos esprits. Il est venu, par amour, pour guérir, purifier, sanctifier afin que les enfants de Dieu égarés puissent de nouveau réintégrer la maison paternelle, la demeure de l’amour éternel. Il est venu établir le Royaume de l’amour. Mais, rejeté par les hommes, il voulut quand même rester avec ceux pour qui il avait consacré toute sa vie. Voici ce qu’il disait à Kérizinen à sa messagère : « Quand la veille de ma mort, je trouvais dans mon cœur, dans ma puissance aussi, le secret d’être en même temps le Dieu qui s’en va et celui qui reste, j’ai créé l’Eucharistie.»

Jésus s’est fait homme pour que nous puissions devenir Dieu. À ceux qui reprochaient à Jésus de laisser les gens l’appeler fils de Dieu, il répondit : « Mais, est-ce que cela n’a pas été dit à vos pères : « Vous êtes des dieux, tous vous êtes les fils du Très-haut? » » (Ps 82 :6) Voilà ce qu’il faut devenir. Mais comment de pauvres hommes tombés si bas, en révolte contre Dieu, peuvent-ils espérer redevenir fils de Dieu et citoyens du ciel? Il n’y avait qu’un moyen, c’est que Dieu lui-même prenne les devants, qu’il prenne l’initiative de faire la paix avec nous en payant lui-même les dettes de guerre. Son amour pour ses enfants qu’il avait créés par amour le poussa à envoyer son Fils sur la terre pour nous montrer comment retourner à la maison du Père : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son Fils  unique pour le sauver.» (Jn 3 :16) Déjà dans l’Ancien Testament nous trouvons la même idée : « J’écoute en mon cœur ce que Dieu dit; ce que Dieu dit c’est la paix.» (Ps 85 :9) Il veut lui-même faire la paix avec ses enfants rebelles, avec cette particularité : il veut payer lui-même nos dettes de guerre. Il offre son pardon inconditionnel à tous ceux qui croiront en son Fils et voudront marcher sur ses traces. Alors Jésus vient pour nous racheter, pour payer nos dettes et nous redonner la vie divine perdue par la séparation d’avec Dieu.

Les esclaves autrefois pouvaient être rachetés et redevenir des hommes libres. Nous étions esclaves du péché et Jésus nous a rachetés par sa passion et sa mort. Mais il ne suffisait pas d’être rachetés, il fallait que nous ayons les moyens de vivre en hommes libres. Alors Jésus, pendant trois ans, a proclamé son message libérateur de l’Évangile. Il a résumé tout son enseignement en une seule phrase que notre monde de haine, d’égoïsme et de matérialisme n’a pas encore comprise après 2000 ans : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé.» (Jn 15 :12)

Jésus avait tout donné pour nous sauver : sa vie elle-même et toute la vérité que le Père lui avait confiée pour ses enfants. Il repartait vers son Père un peu triste en pensant que tant de gens avaient bien vite son message et que les autres oublieraient bien vite son enseignement au milieu d’un monde corrompu et hostile à l’amour. Alors il décida d’essayer de rester avec ses enfants; il en trouva le moyen avec L’Eucharistie.

À Kérizinen, Jésus disait : « La communion est pour l’âme qui m’aime le renouvellement mystique de l’incarnation.» Jésus veut venir en nous pour continuer à sauver le monde et continuer à lui donner son message de paix et de salut contenu dans l’Évangile, jusqu’à ce que la dernière âme soit sauvée : « C’est la volonté de mon Père que tous les hommes arrivent à la connaissance de la vérité et qu’ils soient sauvés.» (1Tm 2 :4) Jésus veut édifier son Royaume en nous pour avoir encore une fois des mains, une bouche, des pieds, des yeux et un cœur pour continuer sa mission de sauveur.

Pour assurer la croissance de nos âmes, il a inventé l’Eucharistie. Il est là aussi présent qu’il était à Jérusalem ou en Galilée. Il est là aussi puissant, aussi bon, aussi miséricordieux qu’il l’était au temps de Mathieu, de Marie-Madeleine ou de la samaritaine. Jésus s’est servi du pain pour voiler sa présence parce que tout le monde sait que le pain sert à nourrir. Il vient pour fortifier nos âmes, pour nous communiquer sa vie en plénitude dans la mesure où nous désirons la recevoir et dans la mesure où nous le pouvons selon nos dispositions. Jésus vient édifier en nous son Royaume afin que nous devenions d’autres lui-même pour continuer son œuvre de rédemption et de salut. À Kérizinen Jésus disait encore : « Je suis si seul dans mes tabernacles de pierre! Je veux des tabernacles vivants qui me consolent par leur amour. Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes.» Et il ajoutait : « Je suis si heureux de naître dans les mains d’un prêtre rempli d’amour! Je m’appuie sur lui, je le serre sur mon Cœur, comme je le fis autrefois à Jean, mon disciple bien-aimé.»

Jésus vient « pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance.» (Jn 10 :10) Dans l’Eucharistie, il vient nous nourrir en nous transformant en lui-même. Il nous communique progressivement sa vie divine, selon notre foi, notre amour et notre capacité de comprendre son enseignement et de le mettre en pratique. À Kérizinen Jésus disait : « J’ai créé l’hostie par amour pour être la vie de votre vie. Pour vous faire monter, je descends.»

Le bon Pasteur nourrit ses brebis en leur fournissant les meilleurs pâturages. Jésus le bon Pasteur nourrit ses brebis avec une nourriture devine, sa chair et son sang. Il leur distribue en nourriture le véritable pain de vie qui nous transforme en lui afin d’atteindre un jour la perfection et la résurrection finale.

Quand les enfants naissent, la maman ne les abandonne pas à eux-mêmes. Elle les nourrit, les éduque, les corrige, les soigne pour arriver à en faire de vrais citoyens. Ainsi Jésus ne se contente pas de nous donner la vie, il la fait grandir et la nourrit. L’Eucharistie est le pain des enfants de Dieu. L’Évangile est la nourriture de l’intelligence et de la pensée qui modifie les actions. Pour que nous ne puissions pas nous égarer, Jésus a promis son Esprit pour nous rappeler tout ce qu’il a dit et nous guider jusqu’à la vérité entière.

Pour approfondir notre vie spirituelle, Jésus nous a appris à prier en nous retirant souvent à l’écart. Dans la prière, Dieu se manifeste par son Esprit et nous met en contact avec ce Dieu qui habite au plus intime de notre être.

Si nous recevons l’Eucharistie en nous cachant en Marie, nous serons sûrs que Jésus sera reçu dans un temple merveilleux où il reposera en paix entre les bras de sa mère. C’est à elle qu’il faut aller pour qu’elle nous fasse mieux comprendre ce profond mystère de l’Eucharistie. Elle est la maman qui explique et fait comprendre à ses enfants les paroles de son Fils. Qu’elle nous apprenne à porter Dieu en nous comme elle l’a elle-même porté avec tant de foi et d’amour.

À méditer

Le mystère de l’Eucharistie

Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s’est fait homme.

En outre, ce qu’il a pris de nous, il nous l’a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l’autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui; et il a répandu son sang pour qu’il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d’un lamentable esclavage, nous serions purifiés de tous nos péchés.

Et pour que nous gardions toujours la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin.

Banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur! Peut-il n’y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu? N’y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement?

Aucun sacrement ne produit des effets plus salutaires que celui-ci : il efface les péchés, accroît les vertus et comble l’âme surabondamment de tous les dons spirituels!

Il est offert dans l’Église pour les vivants et pour les morts afin de profiter à tous, étant institué pour le salut de tous.

Enfin, personne n’est capable d’exprimer les délices de ce sacrement, puisqu’on y goûte la douceur spirituelle à sa source; et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable que le Christ a montré dans sa passion.

Il voulait que l’immensité de cet amour se grave plus profondément dans le cœur des fidèles. C’est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu’il allait passer de ce monde à son Père, il institua ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa passion, l’accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles; et à ceux que son absence remplirait de tristesse, il laissa ce sacrement comme réconfort incomparable. (Saint-Thomas-d’Aquin pour l’office du corps du Christ)

Dieu nous parle

« Je suis le pain de vie. Vos pères, dans le désert ont mangé la manne et sont morts. Ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas. Je suis le pain vivant descendu du ciel. Qui mangera de ce pain vivra à jamais. Et même le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde.» (Jn 6 :48-51)

« Celui qui mange de ce pain vivra éternellement.» (Jn 6 :51)

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.» (Jn 6 :53)

« Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.» (1Co 11 :26)

« La Sainte Vierge disait à Ratisbonne :« Mon fruit à moi, c’est l’Eucharistie.» »

La Résurrection

Mars 1986 – Volume 2.3

La résurrection

Voilà le grand jour! Le jour de gloire, le jour qui couronne le séjour sur la terre. Ce sera le jour des vendanges où nous récolterons tout ce que nous aurons semé sur la terre. Tout ce que nous aurons fait de bien, toutes les paroles de charité, de bonté, d’amour que nous aurons dits recevront leur récompense.

Saint-Paul dit : « De même qu’il y a un corps physique, aussi il y a un corps spirituel. » (1Co 15 :44) Évidemment, le corps spirituel sera bien différent quoique tout à fait semblable. Il sera revêtu de toutes autres qualités que ce corps lourd que nous avons sur le dos. Le corps ressuscité sera agile, léger, spirituel et pourra voyager à la vitesse de la pensée. Ce corps n’est naturellement pas visible aux yeux humains. Cependant, les saints ou les défunts peuvent quelquefois se manifester aux yeux des hommes en se produisant momentanément. Cela fait penser au Père Pio qui tout en restant chez lui, apparaît à 500 kilomètres de San Giovanni Rotondo pour exhorter quelqu’un ou même opérer physiquement quelque chose. La résurrection est l’espoir final de toute notre vie. C’est l’aboutissement dans la gloire de tout ce que nous aurons fait de bien.

Tout ce que nous aurons souffert dans notre vie, toutes nos larmes et nos angoisses, toutes nos luttes et nos victoires sur nous-mêmes, tout cela formera notre trésor spirituel pour l’éternité. Alors, nous comprendrons que « la sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes et que la sagesse des hommes est folie aux yeux de Dieu. » (1Co 1 :27 et 1Co 3 :19) Sur la terre nous sommes ennuyés par l’affirmation du Christ : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Lc 9 :23)  Là-haut, nous comprendrons que chemin du calvaire est le chemin de la gloire et de la résurrection. Derrière les angoisses et les ténèbres du calvaire, il faut toujours entrevoir les lueurs de la résurrection. Saint Paul dit : « Le coureur dans le stade s’entraîne longuement, il s’impose de lourds sacrifices pour gagner une couronne d’un jour, courez vous aussi pour conquérir une couronne éternelle! » (1 Co 9 :24-25) « Celui qui perd sa vie la sauvera » (Lc 17 :33) disait Jésus. Il faut mourir à nous-mêmes pour conquérir la vie éternelle

Jésus nous enseigne comment faire pour atteindre la gloire. . Il a passé sa vie à donner le message de l’Évangile, à guérir les âmes et les corps, à se dévouer sans compter pour sauver ses frères. Il n’en va pas autrement pour nous. Si nous espérons avoir accès à la résurrection à la suite d’une vie égoïste, sans charité pour nos frères, sans dévouement pour les autres, sans rien faire pour les petits et les déshérités du Royaume, nous serons bien déçus et l’accès au Royaume de Dieu nous sera fermé. Il n’entre pas d’égoïstes dans le Royaume de l’amour. Dieu est amour et personne n’entrera au ciel sans devenir amour pour ses frères. Autrement le juge nous dira comme à Caïn : « Qu’as-tu fait de ton frère? » (Gn 4 :9-10)

Le Christ est venu donner l’Évangile, la bonne nouvelle. Il est venu enseigner la vérité qui libère les âmes des ténèbres de l’erreur. N’est-ce pas ce que chaque chrétien doit faire pour ses frères; leur apporter un peu de vérité qui les libèrera d’eux-mêmes, de leurs caprices, de leurs idoles et de toutes les illusions qui les rivent à la terre? On trouve dans Jérémie cette bien triste affirmation : « Ces petits enfants demandaient du pain et il n’y avait personne pour le leur rompre. » (Lm 4 :4)

Qui viendra se dévouer et se sacrifier pour leur donner le Christ, pain de vie? Qui leur donnera la parole vivante de l’Évangile pour que cette parole s’incruste dans leur âme pour devenir leur propre vie jusqu’à pouvoir dire comme Saint-Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2 :20) Voilà ce à quoi nous devons arriver pour avoir accès à la résurrection. Il n’en tient qu’à nous. Dieu ne peut pas faire le bien à notre place. Il nous a donné la liberté, c’est à nous, et à nous seulement de l’utiliser pour faire le bien. Au début de l’Écriture Dieu dit : « Je mets devant toi le bien et le mal, choisis. » Dieu ne choisit jamais pour nous. Il nous laisse notre entière liberté tout en mettant devant nous tout ce qu’il faut pour choisir le bien. Les professeurs ne font pas les devoirs des élèves, ils donnent leurs enseignements de manière à fournir aux élèves toutes les données dont ils ont besoin pour réussir leurs examens.

Jésus dit : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Mais lui non plus ne peut rien faire sans nous. Dieu n’agit jamais à notre place. Il fait 99% du chemin, mais il veut que nous fassions notre petit 1%. Aux malades guéris, Jésus dit : « Va ta foi t’a sauvé. » (Lc 17 :19) C’est aide-toi et le ciel t’aidera. Si vous ne semez rien dans votre jardin, Dieu tout puissant ne fera rien pousser. Sans vous, Dieu ne peut pas vous préparer un beau jardin. De même Dieu, qui nous a créés sans nous ne peut pas nous sauver sans nous. C’est notre collaboration libre avec Dieu qui fait notre mérite. Le mérite c’est justement ce qui fera notre récompense et notre degré de gloire dans le ciel. Les vieux disaient : « On est sur la terre pour gagner son ciel. » Ils avaient raison. Jésus disait : « Chacun sera récompensé selon ses œuvres. » (Rm 2 :6) et Saint-Paul dit : « Chacun recevra sa récompense selon ce qu’il aura mérité. » (1Co 3 :8)

C’est à nous de décider si nous voulons profiter de cette vie terrestre en profitant de toutes les illusions ou si nous choisissions de bâtir notre vie éternelle en sacrifiant toutes les illusions qui nous détournent du but final : retourner à Dieu pour une éternité de bonheur. Le jugement se fera sur l’amour du prochain. Dieu est là en lui, même s’il semble bien caché. Dieu n’a pas dit de juger le prochain, il a dit de l’aider de l’aimer. Écoutez ce que dit Saint-Paul : « Mais toi, pourquoi juger ton frère? Et pourquoi mépriser ton frère… Finissons-en donc avec des jugements les uns sur les autres » (Rm 13 :10-13) et « Si je n’ai pas la charité cela ne me sert de rien. La charité est longanimité; la charité est serviable…ne passe jamais. » (1Co 1 :3-9)

Le chemin de l’amour du prochain est le chemin direct qui conduit à la résurrection. Saint-Jean l’affirma un peu plus clairement : « Celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas et n’aime pas son frère qu’il voit est un menteur. » (1Jn 4 :20) Dieu est amour et personne ne peut devenir un fils de Dieu sans aimer. L’Esprit-Saint est l’amour dans la trinité et Saint-Paul dit : « Les vrais fils de Dieu sont animés par l’Esprit de Dieu. » (Rm 8 :14)

Le chemin de la résurrection est un long chemin. Il est de suprême importance de découvrir et de fixer clairement le but ainsi que les moyens de l’atteindre. Le but c’est Dieu, l’amour infini. Le moyen est l’amour du prochain. Jésus a été l’exemple vivant de la charité fraternelle. Il a libéré les âmes par la vérité; par tous ses exemples, il a été le modèle vivant de l’amour du prochain. Il a passé en faisant le bien, en guérissant les âmes et les corps; il a aimé même ses ennemis et a prié sur eux. Sa mort elle-même a été le témoignage suprême de tout ce qu’il avait enseigné et vécu : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

Voilà le chemin de la résurrection!

Textes à méditer

« C’est Dieu qui fait descendre au séjour des morts et qui en fait remonter. » (1Sg 2 :6)

« Tu nous enlèves la vie, mais le roi de l’univers nous ressuscitera. » (2M 7 :9)

« Tu as retiré mon âme du séjour des morts. » (Ps 29 :4s)

« Vous saurez que je suis Yahvé lorsque j’ouvrirai vos tombeaux et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, mon peuple. Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez, et je vous installerai sur votre sol, et vous saurez que moi Yahvé, j’ai parlé et je fais. » (Ez 37 :13-14)

« Et si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8 :11)

« Vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies, mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres du séjour des morts. » ( Ac 2 :23-24)

« Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus et nous placera près de lui avec vous. » (2Co 4 :14)

Saint-Paul nous parle

Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu; c’est en haut qu’est votre but, non sur la terre. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

Faites donc mourir ce qui en vous appartient à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais et cette cupidité qui est une idolâtrie. Voilà ce qui attire la colère de Dieu, voilà quelle était votre conduite autrefois, ce qui faisait votre vie. Maintenant donc, vous aussi, débarrassez-vous de tout cela : colère, irritation, méchanceté, injures, grossièreté sortie de vos lèvres. Plus de mensonge entre vous, car vous vous êtes dépouillé du vieil homme, avec ses pratiques, et vous avez revêtu l’homme nouveau, celui qui, pour accéder à la connaissance, ne cesse d’être renouvelé à l’image de son créateur; là, il n’y a plus de Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous.

Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et si l’un a un grief contre l’autre, pardonnez-vous mutuellement; comme le Seigneur vous a pardonné, faites de même, vous aussi. Et par-dessus tout, revêtez l’amour : c’est le lien parfait. Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelé tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance.

Que la Parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse : instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec pleine sagesse; chantez à Dieu dans vos cœurs, votre reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l’Esprit. Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père. (Col 3 1-17)

Est-ce cela la résurrection?

La sagesse

Février 1986 – Volume 2.2

Qu’est-ce que la Sagesse?

Un don de l’Esprit qui fait goûter, aimer, choisir ce qu’il y a de mieux pour réussir sa vie. C’est le don le plus parfait parmi les dons de l’Esprit Saint. On dit de Jésus qu’il est la sagesse incarnée. Il a choisi ce qu’il y avait de mieux comme mission : sauver le monde. Même si pour cela il a dû se rendre jusqu’au calvaire, après avoir affronté pendant toute sa vie publique l’opposition acharnée des autorités religieuses : calomnies, mensonges, menaces de mort, etc…

Contrairement à Adam et Eve qui échouèrent pour avoir fait leur propre volonté opposée à la volonté de Dieu, Jésus choisit de toute son âme et de toutes ses forces de faire la volonté de Dieu. « Il est écrit de moi au début du livre que je dois faire ta volonté. » (He 10 :7)

Le chemin de la sagesse

Quand un homme veut apprendre le métier de menuisier, qu’est-il sage de faire? Il va voir quelqu’un qui connaît le métier, un menuisier d’expérience, il devient son élève, il pratique sous sa surveillance pendant quelques années. Ensuite, il est prêt à se lancer seul dans la vie.

Que fait un homme qui veut entreprendre un long voyage, mais qui ne connaît pas le chemin? Il se prend un guide pour l’accompagner comme fit le jeune Tobie, ou bien il va voir un homme qui connaît bien le chemin pour avoir toutes les informations nécessaires pour voyager en sécurité et revenir sans danger au point de départ. Il reçoit des informations sur le meilleur chemin à prendre, sur les difficultés à rencontrer, les obstacles à vaincre, les endroits où se loger, les personnes ou organismes qui pourront le renseigner.

Il ne lui restera plus qu’à apporter tout ce dont il aura besoin en cours de route en évitant toutes les choses inutiles; il se débarrassera de tous les fardeaux trop lourds et encombrants qui retarderaient ou feraient échouer son voyage.

Comment un chrétien sera-t-il sage?

Un chrétien, c’est un homme qui a un métier, une mission. C’est un homme qui doit devenir parfait, devenir un autre Christ; c’est un homme qui doit modifier sa conscience faussée pour prendre peu à peu la conscience du Christ. C’est un homme qui a un long voyage à faire pour atteindre sa patrie dont il a perdu le chemin; c’est un chef d’armée qui a une dure bataille à mener contre de puissants ennemis intérieurs qui sont fourbes, menteurs et habiles.

Pour vaincre dans la bataille contre ses ennemis intérieurs puissants, l’homme a besoin de s’entraîner avec des êtres qui connaissent ces ennemis et qui les ont vaincus avec des armes appropriées. Ceux-là qui ont vaincu, ce sont les saints; ils ont méprisé la vie de ce monde d’illusion pour gagner une vie éternelle. Jésus dit : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » et « Celui qui perd sa vie la sauvera et celui qui la sauve la perdra. »  (Lc 17 :33)

Le modèle parfait que le chrétien a devant lui c’est Jésus de Nazareth, celui qui a « vaincu le monde », ce monde qui travaille avec acharnement à renverser le Royaume de Dieu.

Les ennemis qui rivent l’homme à la terre et qui l’empêchent d’atteindre son but sont sournois, habiles et solidement établis. Ils s’appellent : colère, envie, paresse, gourmandise, ivrognerie, orgueil, impureté. Les ennemis extérieurs qui les aident dans la lutte peuvent se résumer en un mot : illusions. Tout ce qui brille aux yeux des hommes les fascine et favorise l’orgueil. On veut que les autres aient la meilleure opinion possible de nous, non pas à cause de nos vertus, mais à cause de ce qui paraît : une grosse voiture, un château, de belles parures, des robes dispendieuses, un riche intérieur de maison, etc…  On fait des dépenses exagérées pour dépasser le voisin. On fait des dépenses folles en voyage :   hôtels de luxe, gros repas, boissons choisies. Il faut que l’entourage sache que nous sommes des gens importants et que nous avons les moyens. Évidemment, il faut avoir assez de discrétion pour ne pas dire que la vôtre est à moitié payée, que la maison est hypothéquée pour $53,000.00 et qu’on songe à emprunter pour acheter le terrain du voisin pour agrandir. C’est en effet une chance unique puisqu’il est offert à $27,000.00. Il ne faut pas la manquer. Ce sera merveilleux lors des « party » etc…Il ne faudrait pas vous faire trop de suggestions quand même!

Il y a une vie à ne pas manquer et ce n’est pas une vie d’illusion; ce n’est pas une vie de 30 ou 40 ans, c’est une vie éternelle. Saint Paul disait : « Ceux qui courent dans le stade s’imposent de lourds sacrifices pour gagner une couronne d’un jour : courez-vous aussi pour gagner la couronne éternelle. » (1 Co 9 :24-25)  Pourquoi se bâtir un si beau château sur la terre si nous arrivons de l’autre côté avec une misérable cabane où tout fait défaut? Car là-haut « les premiers seront les derniers. » (Lc 13 :30)

Jésus n’a-t-il pas dit : « Servez-vous des vils biens matériels pour vous faire des amis qui vous recevront dans les demeures éternelles? » (Lc 16 :9)

Qu’est-ce qui est sage de bâtir :   une brillante vie de quelques courtes années entrecoupée de beaucoup de déboires et de problèmes ou bien une vie éternelle de joie, de bonheur et de paix? C’est à nous de choisir et Dieu lui-même ne peut choisir pour nous. Il nous a montré le chemin, il l’a parcouru avant nous, mais il ne peut marcher pour nous. La mère aide l’enfant à marcher, mais elle ne peut pas marcher pour lui!

Jésus a dit :  « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jn 14 :6)  Il a dit aussi :  « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. 2 (Jn 8 :12)  et encore :  « Celui qui veut venir après moi qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suivre. » (Lc 9 :23)  Jésus n’a pas dit qu’il porterait notre croix; il nous a montré comment la porter pour escalader le ciel. Dieu ne fait pas les choses pour nous, autrement nous n’aurions pas de mérites.   Il nous donne tout ce qu’il faut pour bien choisir, mais il ne choisit pas pour nous :  « Je mets devant toi le bien et le mal; choisis! » (Dt 30 :19-20)

Dieu est infiniment juste et nous aurons la récompense que nous aurons méritée. Rien d’autre! Sa miséricorde nous accompagne toujours, nous aide inlassablement à nous sortir de tous les mauvais pas, il seconde tous nos efforts, il nous fournit des aides précieux avec les anges et les saints en plus des aides que nous trouvons toujours sur la terre quand nous cherchons avec un cœur droit et sincère, quand nous cherchons avec l’humilité des cœurs simples à qui Dieu se révèle :  « Dieu résiste aux orgueilleux et il donne sa grâce aux humbles. » (Jc 4 :6)

Nous pouvons réussir notre voyage dans l’au-delà si nous suivons celui qui sait le chemin et qui l’a fait avant nous, celui qui a triomphé du monde et de toutes ses séductions. Saint Paul a pu dire : « Il a été éprouvé en tout ce que nous sommes, excepté le péché. » (He 4 :15)

Soyons sages. Adoptons la vision des choses de Jésus et nous découvrirons en nous-mêmes les ennemis dangereux et tenaces.   Avec sa force nous pourrons en triompher, même si la lutte est pénible. L’Écriture ne dit-elle pas : « Il est plus difficile de se vaincre soi-même que de conquérir une ville? » (Pr 16 :32)

Avec Dieu tout est possible. Saint Paul disait : « Je me glorifie dans ma faiblesse, cela manifeste la puissance de Dieu. » (2 Co 12 :9) À chacun de nous Dieu dit : « Ne crains pas, je suis avec toi. »  (Gn 26 :24)  Avec la foi en celui qui nous a tant aimés, nous atteindrons le but final : la demeure de Dieu où nous retrouverons la belle demeure que jour après jour nous aurons bâtie pendant que nous étions sur la terre.

Pour mieux comprendre et désirer la Sagesse, lisons au livre de la Sagesse :

« La Sagesse rayonne inaltérable. Elle se fait aisément contempler par ceux qui l’aiment, trouver par ceux qui la cherchent. Elle, de son côté, va sans cesse à la quête de ceux qui la méritent. En toutes leurs démarches, la voici auprès d’eux, éclairée d’un sourire. À chacune de leurs pensées, son profil apparaît. Son vrai commencement est le désir profond d’en être instruit. L’observance de ses lois, c’est de l’incorruptibilité, l’assurance et l’intimité de Dieu. C’est pourquoi j’ai prié et le discernement me fut donné; j’ai supplié, l’esprit de la sagesse m’est venu, plus merveilleux que les trônes et sceptres. Au regard de son bien, j’ai tenu pour néant toute richesse. La pierre la plus rare est de la roche brute; tout l’or est auprès d’elle, un peu de sable, et l’argent, de la glaise. Plus que santé et que beauté, je l’ai aimée…Ce que j’ai appris sans arrière-pensée, je le communique sans réserve et ne garderai pas pour moi cette richesse, car la sagesse est pour les hommes un trésor inépuisable; ceux qui l’acquièrent se concilient l’amitié de Dieu, recommandés qu’ils soient à lui par les dons qu’elle leur dispense… De génération en génération, elle pénètre les âmes saintes pour former des amis de Dieu et de grands prophètes. Car l’amour de Dieu est sur ceux-là qui l’auront pour épouse. Quelqu’un d’ailleurs fut-il parfait aux yeux des hommes, s’il lui manque la sagesse qui vient de toi ne peut compter pour rien. »(Sagesse, chapitres : 6-7-8)

Écoutons maintenant l’Apôtre Saint-Jacques :

« S’il manque à l’un de vous la sagesse, qu’il prie le Seigneur, il la lui donnera, car Dieu donne généreusement sans récriminer. Mais qu’il demande avec foi, sans éprouver la moindre hésitation, car celui qui doute ressemble à la houle marine que soulève le vent. Qu’il ne s’imagine pas que le Seigneur donnera quoi que ce soit à un homme partagé instable en toutes ses démarches. »  (Jc 1 :5-8)

« La Sagesse est le reflet de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu, l’image de sa bonté. Comme elle est unique, elle peut tout; et sans sortir d’elle-même, elle renouvelle l’univers. » (Sg 7 : 26-27)

La Méditation

Octobre 1986 – Volume 2.10

Méditer, c’est quoi?

Méditer c’est réfléchir, c’est penser, c’est raisonner intelligemment sur un sujet donné. On peut méditer sur un sujet naturel ou un thème surnaturel.

On peut par exemple méditer, réfléchir sur la maison qu’on a l’intention de construire. On peut intelligemment penser à l’endroit où l’on veut ériger la maison pour avoir la tranquillité; ou bien on songe à un endroit où l’on sera près des magasins vu qu’on n’a pas de voiture. Si l’on désire aller à la messe tous les matins, il est mieux de se placer à proximité de l’église.  On peut réfléchir à la grandeur de la maison, en tenant compte qu’il y a trois enfants. Il faut aussi penser à l’argent dont on dispose et au meilleur temps pour construire, etc…etc…

Méditer sur le plan spirituel, c’est réfléchir sur un thème fourni par la foi, par la Révélation. Voici quelques exemples de méditation :

La destinée :

Pourquoi Dieu m’a-t-il créé? Qu’est ce que je viens faire sur cette terre? Et ensuite après la mort?

C’est la foi qui éclaire le thème. Nous avons une double vie : une vie naturelle dans la chair, dans la matière; nous avons aussi une vie surnaturelle, divine que Jésus est venu nous apporter et nous communiquer de la même façon que le tronc communique la vie aux branches de l’arbre : « Je suis la vie; vous êtes les sarments » (Jn 15 :5)

Si telle est notre source de vie, il faut donc que je sois sérieusement branché sur le Christ pour recevoir continuellement la vie divine et pour pouvoir produire des fruits divins : « Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits » (Jn 15 :5).

Mais cette vie-là, c’est pour aboutir à quoi? La foi me le dit encore : « Celui qui croit en moi même s’il meurt vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu? » (Jn 11 :25,26).

Mais comment faire pour arriver à cette vie éternelle après la vie passagère de la terre? La foi me dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Lc 9 :23).

Le fardeau de la vie est trop lourd, je suis presque découragé. La foi me dit : « Venez à moi vous tous qui peinez et qui ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11 :28).

Je suis assailli par des tentations, la foi me dit comme à Saint-Paul : « Ma grâce te suffit ».

Comment puis-je, ici, fans le temps sur la terre, bâtir ma demeure éternelle? La foi me dit : « Chacun sera récompensé selon ses œuvres » (Ap 20 :12). Il faut donc que je me mette au travail en vivant en même temps une vie naturelle et une vie surnaturelle; non pas deux vies côte à côte, ni bout à bout, mais deux vies intégrées l’une dans l’autre. Je puis avoir affaire à mon voisin et expédier ma rencontre en vitesse comme on achète trois livres de sucre en magasin pour repartir aussitôt. Mais je puis aussi parler au voisin aimablement, m’informer de sa famille, me montrer prévenant et gentil, etc…

L’intégration de la vie naturelle et de la vie surnaturelle nous est bien montrée dans un texte de Saint Paul : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1Co :10 :31).

Dans une méditation sur la destinée et les moyens à prendre pour l’atteindre il y a une vingtaine de petits thèmes qui sont suffisants pour une excellente méditation.

Fais aux autres…

« Fais aux autres ce que tu veux qu’on te fasse à toi-même » (Lc 6 :31). Voilà qui est sérieux. C’est la loi divine de la justice. En semant des graines de tomates, qui s’attend de récolter des choux ou des betteraves?

C’est une loi divine qui n’a pas d’exception. Personne ne peut récolter ce qu’il n’a pas semé, mais il doit récolter tout, strictement tout ce qu’il a semé.

Voilà qui fait réfléchir. Mais nous sommes stupides! Dans le jardin, en arrière de la maison, nous préparons soigneusement la terre, nous mettons le fumier, nous achetons les meilleures graines pour avoir une bonne récolte; quand nous sommes en avant de la maison, chez des amis ou dans la rue, nous ne savons plus rien. Nous jetons à tort ou à travers dans le jardin de l’âme des autres toutes sortes de critiques, de jugements, de médisances et de calomnies. C’est comme si nous tournions subitement la page d’un volume où le titre est : « On récolte ce que l’on sème ».

Un jour nous serons désagréablement surpris devant la récolte à laquelle nous aurons à faire face. Nous ne comprenons pas que l’on ose dire du mal de nous, oser nous calomnier, nous, si bon, si vertueux! Chose à laquelle nous ne pensons plus, c’est que les graines que nous avons semées un jour ont germé et se sont multipliées. Le seul coupable de la situation : c’est nous. Au lieu de réfléchir et absorber dans la paix la pilule amère, nous recommençons encore à semer du mal en proférant toutes sortes de jugements et d’accusations contre les auteurs de telles vilenies et qui ont osé attaquer notre grandeur!

Par contre si nous semons le bien par nos paroles, par nos jugements et par nos actions, nous serons tout surpris des chances que nous aurons un jour. Nous nous demanderons pourquoi nous sommes particulièrement bénis de Dieu. Il n’y a pas de chance! Il y a seulement des récoltes qui dépendent strictement de ce que nous aurons semé dans notre âme et dans celle des autres. Alors, nous comprendrons la parole de Dieu à Caïn : « Qu’as-tu fait de ton frère? » (Gn 4 :9) Que répondrons-nous? Car le frère c’est le Christ.

Pardonnez-nous comme nous pardonnons :

Voilà un autre moyen de récolter ce qu’on a semé. Et Jésus est clair : « Si vous ne pardonnez pas à votre prochain Dieu non plus ne vous pardonnera pas vos offenses » (Mt 18 :35). Et cette disposition de Dieu est parfaitement juste. C’est le « fais aux autres ce que tu veux qu’on te fasse à toi-même » (Lc 6 :31). Nous sommes bien heureux que les autres soient compréhensifs pour nous et qu’ils sachent excuser nos bêtises. Alors il faut nous aussi comprendre les faiblesses des autres. Ce dont les autres ont besoin ce n’est pas de nos jugements sévères, ils ont besoin d’être compris et aidé, tout comme nous!

Ne jugez pas…

« Qui es-tu toi pour juger ton prochain? Ne sais-tu pas qu’en jugeant le prochain, c’est toi-même que tu condamnes » (Rm 2 :1)? Voilà une parole terrible que nous devrions méditer longuement. Encore là, nous voyons qu’il est impossible de récolter autre chose que ce que l’on a semé.

Si nous pensions sérieusement aux conséquences de nos paroles mauvaises pour nous et pour les autres, nous ne serions plus capables d’en dire une seule. Au contraire, nous essaierions toujours de couvrir les erreurs des autres, de les excuser et ensuite de les aider à faire mieux en ne les condamnant jamais. Saint Paul nous dit : « La charité excuse tout » (1Co : 13 :7). Nous sommes les fils de Dieux qui est amour; l’amour ne juge pas, ne condamne pas, il excuse tout. Ce dont les gens ont besoin c’est d’être compris, estimés et aimés.  À peu près comme nous! Les âmes sont comme des fleurs, elles ont besoin de soleil pour se développer; ce soleil c’est l’amour qui apporte chaleur et lumière.

En lisant bien l’Évangile, nous trouvons que nous avons là le plus beau guide de vie heureuse sur la terre et dans les hauteurs du ciel.

Le temple intérieur :

Quel beau sujet de méditation! La Trinité entière habite en nous et veut nous transformer en ce qu’elle est : l’Amour.

Comme nous devons garder cette maison propre en la remplissant de bonnes pensées et de bons désirs afin que notre bouche ne sorte que des paroles bonnes, divinisées par l’amour!

De ce temple, il faut chasser tous les vendeurs qui absorbent nos énergies et nous tirent vers le bas, alors que nous devons monter au sommet de la montagne de l’amour en portant courageusement notre croix.

Ensuite il faut orner ce temple de toutes les vertus que peu à peu forment le jardin de Dieu et le lieu de son repos. Il faut que Dieu soit bien en notre âme. Faisons-lui maison nette : une maison dorée par l’amour.

Conclusion :

Méditer, c’est réfléchir, chacun à sa façon, sur un sujet ou l’autre fourni par la foi. On peut faire de même avec toutes les vertus. De nos pensées dépendent nos actions, voilà pourquoi la méditation est si importante. Il faut y consacrer aux moins cinq minutes par jour. 

VOTRE PETITE ÉGLISE

Il y a, non loin d’ici, une petite église

que je connais bien.

Vous la connaissez aussi,

mais vous ne semblez pas savoir

que c’est une église, une vraie église

où réside le bon Dieu.

Pas n’est besoin de marcher pour s’y rendre :

elle n’est pas située sur telle ou telle rue…

Cette petite église, c’est VOUS-MÊME!

Votre noble front n’en est-il pas la tour?

vos yeux, les brillantes verrières,

votre cœur, la lampe du sanctuaire

qui en éclaire doucement l’intérieur?

Votre voix n’est-elle pas la ravissante musique

qui chante sans cesse l’hymne de l’AMOUR?

vos saintes pensées

ne sont-elles pas l’autel mystique

où le Seigneur descend d’en haut?

Votre âme, votre âme si précieuse,

n’est-elle pas le blanc Tabernacle

de cette petite église?

et votre corps,

le voile qui le cache à vos yeux?

Chaque fois que vous communiez,

votre langue n’est-elle pas

la table du Seigneur?

et vos lèvres, la porte qui s’ouvre

pour le recevoir?

et vos prières, le tintement de la cloche?

et votre humble attitude,

le plancher de ce mystérieux sanctuaire?

Oui, vraiment, vous êtes une église,

vous que l’Esprit Saint habite.

VOUS ÊTES LE TEMPLE DE DIEU.

En vous réside Celui qui vous aime

et que vous aimez plus que tout au monde.

Mettez la main sur votre cœur, mille fois le jour,

et dans votre propre et chère petite église

faites-lui souvent des visites d’amour.

Noël continue

Janvier 1986 – Volume 2.1

NOËL CONTINUE

Noël n’est pas pour un jour. Jésus est né sur la terre une seule fois, en un seul jour, le 25 décembre. Les Orientaux ont toujours fêté Noël le 6 janvier. On ne sait pas en fait le jour exact. C’est plein de sens qu’on fête la naissance de Jésus à Noël. Il y avait une grande fête païenne à ce moment-là. C’était la fête du solstice d’hiver, au moment où la nuit de l’hiver est à son plus profond et les jours les plus courts. À ce moment-là, le soleil s’élance de nouveau dans sa course triomphante pour atteindre son zénith au 21 juin moment où les jours sont les plus longs. Et, le soleil a pour mission de réchauffer et de féconder la terre afin qu’elle puisse tout ce dont les hommes ont besoin pour se nourrir.

Dans les ténèbres de l’erreur où était plongée l’humanité est apparu le Soleil divin pour illuminer les âmes et les féconder afin qu’elles produisent des fruits divins. Comme dit l’Écriture Jésus est : « Soleil divin, l’Astre d’En-Haut qui vient nous visiter pour illuminer ceux qui gisent dans les ténèbres et l’ombre de la mort. » (Lc 1 :78-79) Jésus disait : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jn 8 :12)

Mais Jésus vient-il pour être la lumière du monde seulement le jour de Noël? Est-il venu pour éclairer seulement les bergers, ou seulement les Juifs qui ne l’ont pas reconnu? Non, Jésus est venu sauver tous les hommes et il ne se préoccupe pas de races ou de peuples. Ce sont tous ses enfants aimés et il veut les sauver tous malgré les égoïsmes, les étroitesses et les prétentions des humains. Les Juifs croyaient qu’ils étaient le seul peuple élu du monde et enseignaient que seuls les circoncis entreraient au Royaume de Dieu. Jésus vient et déclare : « Dans le Royaume de Dieu, il n’y a pas de Grecs ou de Romains. » (Col 3 :11) Et Saint Paul affirme : « Le Juif n’est pas celui qui l’est en dehors, et la circoncision n’est pas au dehors, le vrai Juif l’est au-dedans et la circoncision dans le cœur, selon l’Esprit et non pas selon la lettre. » (Rom 2 :28)

Jésus est donc venu apporter à tous les hommes la lumière de la vérité et la vie divine. Mais comment a-t-il voulu que s’étende le Royaume de Dieu sur la terre? Par une méthode évolutionnaire et de développement progressif permettant aux hommes de bien comprendre d’abord, et ensuite d’établir le Royaume en eux et autour d’eux; tout comme le tronc qui est destiné à produire des branches.

Personne ne peut donner ce qu’il n’a pas. L’arbre qui n’a pas la nature du pommier ne peut pas produire le fruit du pommier. Celui qui n’a pas le Royaume de Dieu établi dans son âme ne peut pas travailler à l’établir autour de lui. Jésus a dit : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits. » Et il ajoute : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15 :5)

La méthode de Dieu est toujours la même. Dieu ne change pas d’idée. Jésus a indiqué clairement le but final du Père des cieux : « C’est la volonté de mon Père que tous les hommes arrivent à la connaissance de la vérité et qu’ils soient sauvés. » (1Tim 2 :4)

D’autre part, Dieu ne change pas plus de méthode qu’il ne change d’idée. La méthode de Dieu est progressive, évolutionnaire. C’est clair, très clair, mais nous sommes si lents à comprendre! Jésus a comparé le Royaume de Dieu à une semence et une toute petite : le grain de sénevé. Il l’a comparé à la vie croissante et non pas à de grands discours : « Le Royaume de Dieu est comparable à un grain de sénevé, la plus petite de toutes les semences; elle devient un grand arbre où les oiseaux du ciel viennent s’abriter. » (Mt 13 :31-32)

Ainsi en est-il de la vie divine. Elle commence par une toute petite semence en nous au moment du baptême. Ensuite, elle croît lentement, elle se cultive et doit grandir jusqu’à devenir un grand arbre à pleine maturité i.e. une vie chrétienne pleinement développée : « Soyez parfaits comme le Père céleste est parfait. » (Mt 5 :48)

L’enfant qui naît a commencé par une toute petite cellule invisible à l’œil nu; elle s’est multipliée des millions de fois pour arriver à former le corps d’un enfant. Et tout n’est pas fini. Il faudra 20 ans pour faire un homme parfaitement développé.

Pour se développer, l’enfant a des efforts  à faire. Remarquez l’incroyable activité de l’enfant qui bouge toute la journée et fait de continuels efforts physiques. Quand son cerveau se développe, il se met à poser d’interminables questions : pourquoi ça? Et comment ça? À l’école ensuite il apprend progressivement, jour par jour, pendant de longues années. On ne lui donne pas la matière de dixième année en première année. Sur le plan spirituel, c’est la même chose, il faut donner la nourriture progressivement. Saint Paul écrit à ses disciples : « Je vous ai donné du petit lait spirituel parce que vous ne pouviez pas porter une nourriture solide. » (1Cor 3 :2-3)

Mais comment Dieu veut-il que la vérité et la vie germent dans les âmes? Comme une toute petite graine qu’il faut semer et qui produit selon la valeur du sol, selon la préparation de l’âme qui reçoit l’annonce de la Parole : « Un semeur sortit pour semer. Une partie de la semence tomba sur le chemin et fut mangée par les oiseaux; une partie tomba en terrain pierreux et se dessécha après avoir germé; une autre partie tomba dans les épines et fut étouffée; enfin, le reste tomba en bonne terre et produisit 30, 40, 50 ou 100 pour un. » (Mt 13 :4-9)

Ainsi en est-il de la semence de la parole de Dieu. Elle est reçue selon la capacité et la préparation des âmes. De plus, l’âme doit faire son effort personnel et continu pour que la semence divine croisse en elle et se développe; tout comme la plante qui doit faire de grands efforts pour planter ses racines dans une terre dure. Il n’y a pas de paresseux dans le Royaume des cieux : « Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. » (Mt 11 :12) Les violents sont ceux qui sont capables de se faire violence, qui sont assez forts pour arracher l’œil ou la main qui les empêchent d’escalader les cieux et de gravir la montagne de l’amour. Le meilleur jardinier ne peut pas faire pousser une plante si elle ne fait pas son propre effort. De la même façon, personne ne peut faire pousser la vie divine dans une âme si elle ne fait pas son effort personnel pour connaître la vérité et pour l’appliquer dans sa vie. « Ainsi quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les mets en pratique peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. » (Mt 7 :24)

Et quelle sera la méthode de Dieu pour semer la vérité et la vie divine dans les âmes? Il a dit « Mes paroles sont Esprit et Vie. » (Jn 6 :63) Et Saint Paul dit : « Comment arriveront-ils à la foi s’il n’y a pas de prédicateurs? » La foi entre donc par les oreilles dans une âme qui cherche la vérité : « Cherchez et vous trouverez. » (Mt 7 :7)  Jésus lui-même a dit quoi faire : « Allez annoncer l’Évangile, faites des disciples de toutes les nations, baptisez-les, enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai dit. » (Mt 28 : 19-20)

Chaque chrétien doit être un porteur de vie et un annonceur de la vérité. Chaque pommier doit donner des pommes ou bien on le coupe et on le jette au feu : « Dans la vigne, mon Père est l’agriculteur, si une branche ne porte pas de fruits, mon Père, l’agriculteur, la coupe et la jette au feu. » (Lc 3 :9) Chaque chrétien doit porter du fruit, un fruit de vie éternelle; il doit d’abord cultiver la vie divine en lui-même, faire des efforts pour qu’elle produise des fruits, éliminer les défauts, le mal, le péché afin que la vie divine croisse dans une terre toujours mieux préparée. Alors la vie divine jaillira de tout son être et éclairera tous ceux qui l’entourent. Sa parole elle-même sera porteuse de vie et fera jaillir la vie divine dans les âmes. Voilà la mission grandiose de chaque chrétien.

Chaque fois qu’on donne une parole de Dieu à une âme et qu’elle y croit, la vie divine jaillit ou grandit en elle. Saint Paul écrit : « Vous êtes devenus fils de Dieu par l’Évangile que je vous ai annoncé. » « Mes paroles sont Esprit et elles sont Vie. » (Jn 6 :63) Mais tout ne finit pas là. Le jardinier ne se contente pas de semer ses graines, il les cultive, les nourrit et les entretient jusqu’à la maturité. Voilà pourquoi Jésus a dit : « Allez, faites des disciples de toutes les nations, enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai enseigné. » Pour cela, il faut cultiver les âmes comme les fleurs. Elles ont surtout besoin du soleil de l’amour pour se développer. Par la Parole, le Verbe de Dieu s’incarnera dans chaque âme et ce sera continuellement Noël sur la terre.

Par nos mains, notre tête et notre cœur, Dieu reviendra sans cesse dans les âmes de bonne volonté.

TEXTE À MÉDITER

Et lorsque nous adorons la naissance de notre Sauveur, il se trouve que nous célébrons notre propre origine.

En effet, lorsque le Christ vient au monde, le peuple chrétien commence : l’anniversaire de la tête, c’est l’anniversaire du corps.

Sans doute, chacun de ceux qui sont appelés l’est à son tour, et les fils de l’Eglise apparaissent à des époques différentes. Pourtant, puisque les fidèles dans leur totalité, nés de la source du baptême, ont été crucifiés avec le Christ dans sa Passion, ressuscité dans sa résurrection, établis à la droite du Père dans son ascension, ils sont nés avec lui en cette Nativité.

Tout croyant, de n’importe quelle partie du monde, qui renaît dans le Christ, après avoir abandonné le chemin du péché qu’il tenait de son origine, devient un homme nouveau par sa seconde naissance. Il n’appartient plus à la descendance de son père selon la chair, mais à la race du Sauveur, car celui-ci est devenu Fils de l’homme pour que nous puissions être fils de Dieu.

Un si grand bienfait appelle de notre part une reconnaissance digne de sa splendeur. En effet, comme nous l’enseigne Sait Paul, nous n’avons pas reçu l’esprit de ce monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu. On ne peut l’honorer avec assez de piété qu’en lui offrant ce que lui-même nous a donné.

Tous ceux qui sont devenus par adoption les membres du Christ doivent accourir pour rejoindre ensemble le premier-né de la nouvelle création, celui qui est venu faire non pas sa propre volonté, mais la volonté de celui qui l’envoie. Les héritiers divisés ou disparates ; ils ont les mêmes sentiments et les mêmes amours. Ceux qui sont recréés selon l’Image unique doivent avoir une âme qui lui ressemble.

La naissance du Seigneur Jésus, c’est la naissance de la paix. Comme le dit Saint Paul, c’est lui, le Christ, qui est notre paix. Que nous soyons d’origine juive ou païenne, c’est par lui que nous pouvons approcher le Père dans un seul Esprit. (Sermon de Saint Léon Le Grand pour Noël)

NOËL

Le vrai Christ, le vrai Dieu est terriblement encombrant. C’est pour cela qu’on s’en est débarrassé en ce temps-là. Et que nous nous arrangeons si bien pour nous en débarrasser en ce temps-ci.

Nous nous tournons avec nostalgie vers Noël. Nous nous plaignons de ne pas avoir vécu en ce temps où l’on pouvait voir, toucher, accueillir le Christ. Mais nous oublions que ce fut le temps où presque personne ne la reconnut, aimé, vénéré. Nous oublions surtout que ce temps continue, que pour nous aussi le Verbe s’est fait chair et habite parmi nous, toujours pauvre, toujours suspect, toujours méconnu.

Pensez donc : si les hôteliers de Bethléem avaient su qui frappait à leur porte, ils l’auraient ouverte. C’était des gens religieux comme nous… Mais ils ont cru que c’étaient deux clochards, deux immigrants, deux inconnus, deux encombrants, alors ils ne les ont pas reçus, comme nous autres ne les recevrions pas. Nous sommes trop raisonnables, trop prudents, trop occupés pour cela. Comment croire que Dieu peut se présenter à nous sous pareille forme? Dans nos maisons confortables, tout est occupé et il ne nous manque rien, même si le Seigneur n’est pas là. Car Il n’est là qu’avec le pauvre, avec le vieillard, avec l’étranger, avec celui qui croit et qui aime.

En qui l’accueillerons-nous? En qui le reconnaîtrons-nous aujourd’hui?      (Père Eusèbe-H. Ménard)