Le Lac

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Le Lac, c’est d’abord trois côtes à monter. Puis, dès que le regard se pose sur le lac proprement dit, le calme s’installe. L’accueil guide nos pas vers cet endroit chaleureux, qui nous recevra tant que l’on voudra y venir.

Le Lac, c’est : trouver ce que l’on cherche, aimer ce que l’on trouve, donner ce que l’on reçoit, se tourner vers l’autre. « Vous avec reçu gratuitement, donnez gratuitement ».

Pour oublier son soi.

Le Lac, c’est aussi la montagne à gravir par le sentier du belvédère, où l’on s’arrête pour admirer les fleurs sauvages, entendre le chant des oiseaux, puis arriver tout là-haut; alors on prend le temps de s’asseoir pour observer au-delà de la cime des arbres à l’horizon St-Jean-Port-Joli, l’Île aux-coudres, Petite-Rivière-Saint-François. Vous en avez plein la vue, du paysage qui se laisse deviner dans ses moindres recoins. On redescend par le même chemin en faisant un petit détour par la grotte de la Vierge pour lui dire : « Merci ». Grâce à la foi, j’ai vu au-delà des apparences, j’ai entendu ce qui était inaudible pour d’autres.

Le Lac, c’est les cinq sens à fleur de peau et le sixième sens qui nous permet de saisir ce qui est Vérité dans le Tout-Puissant.

Tout compte fait, le Lac Trois-Saumons c’est beau comme le renouveau des saisons. On se délecte entre amis des parfums de la vie et on apprend à déguster les petites choses qu’on ne voyait pas avant d’ouvrir les yeux du cœur.

Ma vie, c’est une longue parabole où Dieu se cache pour me présenter les mystères du Royaume. J’ai désiré être dans l’intimité de Dieu pour comprendre. Aujourd’hui, il n’y a plus de mystère.

C’est probablement à ce moment-là que j’ai relevé le défi de lire l’œuvre complète des Confessions de Saint-Augustin, son autobiographie. Pour Augustin, le vrai chrétien est celui qui le devient chaque jour. Il dit : « Ne te contente pas de tâter la surface, descends en toi, pénètre au plus profond de ton cœur. » Dans les Soliloques, ces élévations silencieuses de l’âme vers Dieu, il dit : « La Vérité est un être réel. On n’apprend pas la vérité du « cœur étrange », mais seulement de son propre cœur » (X,10,17). On l’a surnommé Docteur de la grâce.

Les pensées de Pascal rassurent : « Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé ».

Au lecteur, je dis : prends le risque de croire, parce que si tu crois, tu auras des résultats. Dieu vit dans le moment présent.

Au Lac, on vit l’expérience de cette terre nouvelle promise : le Royaume de Dieu, maintenant.

Lise Dion DeRico, Auteur

Je cours, toi aussi, Éditions Ondi