Lettre de Pâques 2016

Le vase brisé du potier … Le vase gâché du potier.

 

Jérémie dans deux de ses paraboles nous amène une réflexion intéressante sur le cheminement de l’humanité, son salut et la Résurrection finale qu’elle espère de façon consciente ou inconsciente. Le « Vase gâché du potier » (Jérémie 18, 1-6) et le « Vase brisé du potier » (Jérémie 19, 1-11) nous interpellent vivement dans la démarche que nous sommes présentement en train de vivre durant cette période du carême, de la semaine sainte, mais aussi durant cette année de la miséricorde.

Ce carême, cette semaine sainte, cette année de la miséricorde sont tout à fait inutiles si à l’autre bout, dans notre foi et notre espérance, ne se pointe pas la Résurrection finale qui nous ramène dans la félicité et l’intimité de notre créateur Dieu et notre sauveur le Christ.

Le potier, c’est tantôt Dieu qui façonne à son image et à sa ressemblance le vase d’argile ; c’est aussi tantôt le Christ qui dans le rôle du potier vient réparer le vase gâché, brisé fait malheureusement d’argile cuite, durcie par ses habitudes, ses expériences et ses épreuves de la vie.

Le vase, c’est l’humanité, c’est chacun de nous qui après avoir été créé parfait par le potier (Dieu) dès le commencement, s’est laissé transformer par les influences autres et qui, dans une utilisation erronée de sa mission, s’est gâché, s’est brisé.

Ce vase, c’est également l’humanité qui a accepté de se laisser remodeler par la vie du Christ au contact de son eau vivifiante (voir la samaritaine). Par notre liberté et notre acceptation d’être remodelés au contact de l’eau vivifiante du Christ, de sa Parole de vérité et de l’immensité de sa miséricorde, nous arriverons à notre résurrection comme Jésus le Christ. C’est dans le Christ et avec lui que nous avons été ressuscités. Il nous reste à faire simplement le chemin du retour comme l’enfant prodigue est ressuscité à l’instant même où il a décidé de retourner vers son père, mais il a dû quand même refaire le chemin du retour à la maison.

Voilà, mon vase s’est cassé, j’accepte de me faire réparer au contact de l’Amour du Christ. Maintenant, laissons le temps et donnons notre volonté au potier afin qu’il complète notre transformation et nous refasse à l’image originelle de sa pensée.

Saint Paul a très bien illustré le temps dans lequel l’humanité est présentement : Car Dieu lui-même a mentionné que la lumière brillera au sein des ténèbres (le Christ n’est-il pas venu nous rencontrer à l’intérieur des ténèbres de l’humanité) ! Il a fait briller la lumière dans nos coeurs (car chaque être humain ne veut instinctivement qu’aimer) pour faire resplendir la gloire de Dieu sur la face du Christ (et par la suite, sur chacune de nos faces). Nous portons ce trésor (infini) dans des vases d’argile, de terre (nos corps) afin qu’un jour (dans la résurrection finale) cette grande puissance se dévoile pour n’être attribuée qu’à Dieu seul. (2Co 4, 6-7)

Voilà toute l’espérance d’une vie, de notre vie. La beauté de tout ce qui se passe aujourd’hui est à l’effet que nous en connaissons la finalité : une Résurrection éternelle dans l’Amour et l’Intimité d’un Dieu vivant de toute éternité.

À chacun, une Joyeuse Résurrection, une réflexion profonde en toute humilité sur la condition de notre humanité et … À bientôt.

 

Que Dieu nous bénisse, Lui qui nous a créés, Lui qui est venu nous sauver et Lui qui nous guide sans cesse.

Que Marie qui l’a si bien compris nous aide davantage à le découvrir, car Il est en nous et n’aspire qu’à se laisser pleinement vivre.

 

Vive la Ré … Surrection !

 

Jacques Pelletier
Équipe des Fermes et des Centres